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Imprimer 2020_06_29_municipales.pdf Juin 2020
De la grève des urnes à la grève générale

Sur les élections municipales en France

55% au premier tour d'abstention aux municipales et 60% au second tour. Après les européennes, les départementales, les régionales, les législatives, la présidentielle, l'institution la plus proche des électeurs que les « experts » et les médias considèrent comme celle où le peuple se sent le plus concerné est à son tour frappée d'un désaveu populaire.

D'ailleurs, nombreux sont les partis en présence qui sont venus masqués lors de ce scrutin, sous des étiquettes « citoyennes ». Une anticipation de la débâcle ?

Après avoir gagné la présidentielle et les législatives, le projet d'ancrage municipal du parti présidentiel – LREM – a subi un échec flagrant. La droite perd de grandes villes parmi ses bastions depuis des décennies. Le FN/RN, hors Perpignan et Bruay, échoue à transformer sa seconde place de la présidentielle par un gain substantiel de municipalités. Le PS cède la place à EELV dans la conquête de grandes villes comme Lyon, Marseille, Bordeaux et garde de justesse celle de Lille et celle de Paris en alliance avec les Verts et le PCF. La France Insoumise (FI) s'est invisibilisée, comme si sa ligne de mire se limite à la seule présidentielle, ce qui est un choix hasardeux.

Le PCF, revenu à la ligne d’« union de la gauche », continue son érosion et perd des bastions comme Saint Denis ou Seclin. Dans le dernier département communiste de France, le Val-de-Marne, il perd même quatre villes.

Même s'il faut relativiser la « déferlante » écologique (sur les 236 villes de plus de 30000 habitants, la « gauche » en a gagné 86, dont seulement 10 pour EELV), l'écologie politique libérale et européiste apparaît comme la gagnante d'abord des européennes puis des municipales, ce qui la place dans sur la ligne de départ pour aller vers une alternance présidentielle libérale, européiste à Macron/LREM.

Le processus d'implosion de la bipolarisation « droite-gauche », qui a été l'attrape-nigaud de la dictature bourgeoise jusqu'ici, a cédé la place à la difficile fusion « droite-gauche ». Cette dernière a ouvert la voie à une écologie politique qui associe la préoccupation légitime de l'environnement au libéralisme et à l'européisme les plus féroces. Le capitalisme vert est une option de secteurs de la grande bourgeoisie pour sauver le profit maximum et la prison des peuples qu'est l'Union Européenne.

Le PS et la direction du PCF parlent déjà de « gauche plurielle » autour de la locomotive écolo..., ce qui conduit à marginaliser le candidat de la France Insoumise à la présidentielle de 2017 qui avait suscité beaucoup d'espoir dans le camp populaire.

Le scénario d'une présidentielle opposant au second tour un candidat écologiste ou socialo-écologiste (Jadot, Hulot ou Royal par exemple) au candidat de l'extrême droite fasciste ou à l'actuel président devient envisageable, sauf si la grève des urnes se transforme en grève générale tout court pour balayer les institutions de la Vème République bourgeoise.

Les annonces quotidiennes de licenciements et de fermetures d'entreprises vont accélérer la destruction des conquis sociaux et démocratiques. Va se poursuivre et s'aggraver la stratégie gouvernementale et patronale d'instrumentalisation de la pandémie covid 19, pour résoudre la crise structurelle du capitalisme impérialiste sur le dos des travailleurs et des peuples et pour continuer à maximiser les profits des actionnaires des grands groupes capitalistes monopolistes.

Les luttes syndicales, les grèves, l'occupation des rues par des révoltes types Gilets Jaunes, les manifestations anti-racistes, contre les violences policières, les actions de décolonisation des espaces publics vont aller croissantes.

Le principal enseignement à tirer des municipales 2020 est qu'aux yeux de 60% des électeurs les institutions de la bourgeoisie n'ont plus aucun crédit et sont de moins en moins capables de canaliser le mécontentement populaire: tel est le principal enseignement à tirer des municipales 2020.

L'alternative antilibérale, antifasciste, anti-guerre, écologique et eurocritique incarnée d'abord par le Front de Gauche puis par la France Insoumise est aujourd'hui corsetée par l'écologie politique libérale et européiste.

Les masses laborieuses attirées par la « révolution citoyenne et écologique » se réduisent à une partie des 40% des électeurs qui avaient positionné à la présidentielle le candidat antilibéral et écosocialiste de la France Insoumise en quatrième position et ont fait émerger des coalitions dirigées par EELV lors des européennes et des municipales.

60% se détournent du jeu électoral et entrent en défiance vis à vis des institutions dictatoriales de la démocratie bourgeoise par la grève des urnes. 

Cette grève des urnes est donc l'élément majeur, tandis que la montée de l'écologie politique telle qu'elle se présente chez EELV, recyclage d'une sociale-démocratie d'ores et déjà démasquée, le PS, se met elle-même aux travaux pratiques de la collaboration au système d'exploitation bourgeois.

Nous assistons à des étapes expérimentales de prise de conscience des masses populaires de la nature de la dictature de classe de la bourgeoisie capitaliste impérialiste. Mais elles sont aussi des étapes qui participent de la longue marche des classes populaires vers l'alternative qu'est la révolution ouvrière et populaire. Ceci à condition qu'en cette année du centième anniversaire de la naissance du PCF, section française de l'Internationale Communiste, les reconstructeurs du communisme marxiste-léniniste travaillent à l'unité d'action stratégique dans les luttes ouvrières et populaires et à rendre à nouveau crédible dans les masses l'antithèse du capitalisme impérialiste : le socialisme communiste. 



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