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Avec
la participation de Serge Piedplat (dirigeant CGT Hawker
Arras), Christian Delepine (Secrétaire Général
de l'UL CGT d'Arras), Eric Fatoux (dirigeant CGT CEGELEC),
Patrick Szydlowski (Membre de la CE CGT Educ'action 59),
Pascale Montel (Secrétaire Générale USTM
CGT 59) et Gérard Alidor (Dirigeant LKP), Débat:
Jean François Larosière (Syndicaliste FSU),
Michel Decourcelles (Syndicaliste FSU et porte parole de la
Coordination Communiste), Lionel Dammaretz (UL CGT Arras),
William Roger (Secrétaire Général CGT
Educ'action 59) et Saïd Bouamama (Cercle Henri Barbusse).
Forum animé par Roland Diagne (syndicaliste CGT et
représentant du Cercle Henri Barbusse).
En
bas de page, les déclarations du Cercle Henri Barbusse, du
Rassemblement des Cercles Communistes (RCC) et du Parti Communiste
des Ouvriers de France (PCOF)
Invitation
du Cercle Henri Barbusse
La
crise systémique du capitalisme mondial qui sévit
aujourd'hui remet brusquement à l’ordre du jour la lutte
des classes. A travers la « pensée unique »
la bourgeoisie est parvenue ces dernières décennies à
imposer la négation de la division de la société
capitaliste en classes sociales aux intérêts
antagoniques. Ainsi salariés du public et du privé, CDI
et CDD, chômeurs et intérimaires, hommes et femmes,
ouvriers et employés, travailleurs Français(e)s et
immigré(e)s, travailleurs avec ou sans papiers ne formeraient
pas une même et unique classe sociale : le monde du travail, le
prolétariat opposé à la bourgeoisie, la classe
des patrons et actionnaires capitalistes.
Les
théoriciens et les médias bourgeois ont imposé
le mensonge idéaliste en substituant l’individu aux
classes sociales et en remplaçant les classes par les
corporations, les différents statuts, catégories et
couches qui constituent le monde du travail. La classe ouvrière
et les peuples sortent peu à peu de l'apathie et du désarroi.
Conséquence de la contre-révolution bourgeoise des
années 90, l'abattement et le sentiment d'impuissance, qui la
paralysaient, commencent à la quitter.
La
réalité de la lutte des classes faite de grèves,
de manifestations, de mobilisations, mais malheureusement aussi de
suicides et d’actions désespérées évacue
peu à peu les fumées aveuglantes du prétendu
intérêt commun employeurs/employés, de la
soi-disant égalité citoyenne entre patron/salariés
et de la fable de l’entreprise citoyenne, etc.

A
la faveur de la crise, la démocratie capitaliste révèle
ainsi sa vraie nature de classe : la dictature de la
bourgeoisie. Chaque
lutte sociale défensive des travailleurs avec ou sans papiers
confirme cette vérité et pose la nécessité
d’une alternative politique, économique, sociale et
culturelle au système capitaliste. Pour réfléchir,
échanger et agir ensemble le Cercle Henri Barbusse est heureux
de recevoir des acteurs et dirigeants des luttes sociales actuelles
menant courageusement et avec détermination le combat contre
l’offensive libérale et les effets désastreux de
la crise systémique qui introduiront d'introduire le premier
débat sur le thème : crise et lutte des classes.
Dans un second temps, les organisations communistes seront conviées
à introduire le débat sur le thème : crise
du capitalisme et alternative communiste.
Déclaration
du RCC
Voilà
un peu plus d’un an que la faillite du capitalisme est devenue
indiscutable aux yeux des masses victimes de ce système.
Depuis l’accélération brutale de la crise
économique mondiale en 2008, on ne condamne plus simplement
les politiques libérales ou social-libérales mais le
système capitaliste lui même. En un an, les luttes de
classes conscientes au niveau politique sont passées du stade
antilibéral au stade explicitement anticapitaliste.
C’est
aussi depuis 2008 que les luttes ouvrières et populaires
s’intensifient, se font plus violentes, plus déterminées,
plus générales. Ces luttes, qui ont produit de
nouvelles figures du syndicalisme révolutionnaire, d’Elie
Domota à Xavier Mathieu, remettent au centre de tous les
enjeux cette classe ouvrière qu’on cherchait par tous
les moyens depuis des décennies à nier, à
sous-estimer ou à cacher.
Qui
oserait affirmer aujourd’hui que le capitalisme est la fin de
l’histoire, que les luttes de classe sont des archaïsmes,
que la classe ouvrière n’existe plus en France ? Ce
nouveau contexte remet à l’ordre du jour la théorie
marxiste qu’on voulait à tout prix enterrer, et le
combat des communistes qu’on croyait ou qu’on voulait
croire définitivement révolu.
Mais
un tel contexte accentue aussi les difficultés rencontrées
par ceux qui luttent, même si ces difficultés ne sont
pas nouvelles :
-
L’unité difficile d’une classe ouvrière
atomisée, divisée entre travailleurs français et
immigrés, avec ou sans papiers, hommes ou femmes, militants
aguerris et jeunes générations, etc.
-
Des directions syndicales verrouillées par le réformisme
et qui tentent de neutraliser les bases trop « jusqu’au-boutistes »,
les leaders trop charismatiques, les Unions Locales trop combattives,
pendant que des travailleurs de plus en plus nombreux, dans le privé
comme dans le public, tombent dans la solitude, le désespoir
et le suicide.
-
Un patronat épaulé par le pouvoir politique à sa
solde dans une volonté unique de faire payer la crise aux
travailleurs, par une fuite en avant faite de privatisations et de
délocalisations massives, de chantage au licenciement et de
répression antisyndicale.
Pour
vaincre jusqu’au bout et définitivement ce système
qui, même moribond, reviendra toujours à la charge, ce
qui est indispensable aux luttes de classe apparaît aujourd’hui
de façon évidente :
L’unité
de la classe ouvrière et des masses travailleuses;
L’unité
syndicale sur le terrain, qui est le contraire de l’actuel
« syndicalisme rassemblé » des
Thibault/Chérèque ;
Et
surtout la transformation de ces luttes de classe sur le plan
politique, actant que le seul front syndical ne peut suffire dans le
combat pour renverser le capitalisme.
C’est
avec un parti incarnant la volonté des travailleurs les plus
conscients et les plus expérimentés que ces ingrédients
peuvent être réunis à grande échelle ;
un parti capable de conduire les luttes jusqu’au renversement
du système capitaliste lui même et de construire le seul
système alternatif viable ; le socialisme.
Ce
parti ne peut être simplement antilibéral ou
anticapitaliste ; Il doit être communiste. Cette nécessité
est démontrée depuis la révolution d’Octobre
et n’a pas été démentie depuis.
Le
Parti Communiste Français a été pendant
plusieurs décennies un tel parti révolutionnaire,
jouissant d’un prestige mérité depuis l’époque
du Front Populaire antifasciste jusqu’à celle de la
grande grève générale de mai 68 en passant par
l’héroïque résistance à l’occupation
nazie…
Mais
nous avons changé d’époque et de rapport de
force, et depuis la destruction du camp socialiste et de l’URSS,
le reflux contre-révolutionnaire fut tel que la direction du
PCF a définitivement sombré dans la mutation
réformiste, que les organisations petites bourgeoises
trotskistes se sont développées aux dépends des
organisations traditionnelles d’une classe ouvrière
affaiblie, et que le mouvement pour la reconstruction d’un
parti communiste révolutionnaire, mouvement auquel nous
appartenons, apparaît aujourd’hui fortement morcelé
et désuni.
Si
la nécessité d’un parti politique puissant,
défendant jusqu’au bout les intérêts des
travailleurs, apparaît plus clairement à la classe
ouvrière depuis la crise, la nécessité pour les
différentes organisations communistes issu du PCF mutant de
s’unir d’urgence apparaît aussi plus clairement,
pour permettre à la classe ouvrière d’avoir enfin
ce parti.
Les
rencontres, les actions communes se multiplient, s’élargissent
et nous nous en réjouissons.
Nous
avançons sur le chemin de la reconstruction, malgré le
sectarisme, la distance géographique et la diversité
des engagements militants.
Si
le morcellement en petites organisations distinctes est presque
« contre-nature » pour nous
marxistes-léninistes, celui ci provient avant tout de
l’affaiblissement progressif du mouvement ouvrier et communiste
à la fin du 20ème siècle sous
l’agression permanente de l’impérialisme et
divisés sur le front de lutte contre le révisionnisme
d’une part et le gauchisme d’autre part.
Le
Rassemblement des Cercles Communistes considère que nous
sommes en train de sortir d’une longue période de reflux
des luttes révolutionnaires, de la conscience de classe, et de
la combattivité des communistes, autour de l’effondrement
de l’URSS et du camp socialiste.
Cette
période noire nous a fait reculer de plusieurs pas en arrière,
que nous le voulions ou non. Dans l’inéluctable
processus de reconstruction du parti communiste en France, nous
sommes revenu à une première étape ;
l’étape des cercles (la formule est de Lénine),
avec un net avantage certes sur la période d’avant
1920 : L’héritage du PCF d’avant sa mutation
nous inspire, comme celle du Mouvement Communiste International et du
socialisme réel dans son ensemble, et les forces communistes
restées au sein du PCF aujourd’hui encore nous
accompagnent.
Inéluctablement
les organisations de la reconstruction, y compris la notre,
progressent depuis quelques années, sortant du sectarisme,
travaillant sur le terrain des luttes, sur des fronts très
divers mais qui contribuent à l’unité de classe :
le front syndical, le front associatif, la lutte des Sans papiers, la
lutte pour la paix, pour les droits démocratiques, le front
électoral, l’internationalisme et l’anti-impérialisme.
Pour
répondre à l’urgence d’un tel parti en
France, mais sans tomber non plus dans la précipitation qui
fragiliserait à terme l’unité vitale du parti,
observant que les organisations communistes se renforcent et se
rapprochent dans l’action, que de nouveaux cercles se
constituent un peu partout en France, notre conception de l’unité
passe par les points suivants :
-
l’unité d’action, sans échanges et
confrontations idéologiques et politiques par ailleurs, ne
peut suffire ;
-
la seule polémique idéologique entre organisations,
sans luttes communes sur le terrain, seule pratique permettant de
faire sortir les uns et les autres du révisionnisme ou du
gauchisme, ne peut suffire non plus ;
-
l’autoproclamation d’une des organisations communistes
actuelles comme « nouveau parti », voire comme
noyau du futur parti, freine ou même stoppe le processus réel
de reconstruction tel que nous le considérons d’un point
de vue marxiste-léniniste ;
-
la haine qui confond base et direction du PCF, écueil de toute
organisation venant de rompre avec ce parti, ne peut que freiner le
processus de reconstruction, puisque celui ci inclut naturellement
certaines bases communistes du PCF, qui incarnent encore son héritage
révolutionnaire ;
-
la reconstruction passe enfin par la transmission du savoir faire
militant et du savoir théorique aux jeunes camarades
rejoignant nos rangs, par la formation idéologique et le
travail intellectuel sur les nouvelles questions sociales,
politiques, économiques auxquelles nous sommes toujours
confrontés : Notre pratique et notre implication dans les
luttes concrètes ne doivent jamais mettre au second plan
l’indispensable travail théorique pour jeter les bases
du programme de la révolution socialiste que nous devons mener
ensemble ; l’un et l’autre sont les deux jambes des
communistes.
Ces
problèmes, bien des communistes avant nous les ont rencontrés,
et ils ont pu être résolus.
Poussés
par la crise du capitalisme et l’urgence d’un parti,
fusion du marxisme et du mouvement ouvrier comme le disait Lénine,
nous nous engageons à les résoudre nous même,
coûte que coûte, étape par étape, dans
l’esprit de nos ainés et dans le souci permanent de nous
rendre utiles dès à présent à la lutte de
classe contre la bourgeoisie !

Intervention
du Cercle Henri Barbusse
Le
système capitaliste est une nouvelle fois plongé dans
une crise périodique de surproduction qui se déploie
sur le fond d’une crise générale permanente de ce
système dépassé par l’histoire. Même
les plus fervents défenseurs du capitalisme sont contraints de
reconnaître deux caractéristiques de notre phase
historique :
1)
Les crises de surproduction sont de plus en plus régulières.
Désormais c’est tous les quatre/ cinq ans c'est-à-dire
à peine sortie de la crise précédente que
s’enclenche une nouvelle crise ;
2) La
dernière crise a été plus brutale sur le plan
des destructions des forces productives que la crise de 1929 ;
Tous
les mensonges pour masquer la réalité de la crise ont
été successivement démentis par la réalité :
-
La crise était présentée comme n’étant
que boursière mais les chutes de la production, les fermetures
d’entreprises, les licenciements, etc., décrédibilise
ce mensonge;
-
Ensuite on nous a dit que les effets sur la production étaient
certes réels mais qu’il ne s’agissait que de
l’effet des valeurs dites toxiques détenues par les
banques ; Pourtant l’injection de fonds sans précédents
par les états n’a produit aucune sortie de crise. Pire
elle a autorisé une nouvelle vague de spéculation
boursière alors que les destructions d’emplois
continuent de plus belles ;
-
Puis on nous a affirmé qu’il s’agissait d’une
crise du crédit et que les nouveaux fonds offerts aux banques
devaient rapidement relancer l’investissement. Cette relance de
l’investissement n’arrive toujours pas ;
-
Puis on nous a annoncés le début d’une reprise
alors que les destructions d’emplois continuent : étrange
reprise !
Ce
que voient les travailleurs c’est tout autre chose que ces
mensonges : la paupérisation ; la précarisation,
les licenciements et les « plans sociaux ».
La
première leçon de cette crise est bien le caractère
dépassé du système capitaliste : celui-ci
ne peut survivre qu’au prix de convulsions destructrices des
êtres humains (les crises). Le Communisme a été
formulé comme doctrine scientifique par Karl Marx à
partir du constat du caractère inévitable de ces crises
tant que durera la propriété privée des moyens
de production. Aujourd’hui l’ampleur des progrès
scientifiques et techniques, leurs traductions en capacité de
production matérielles (multipliée des milliers de fois
depuis Marx) aggrave les capacités destructrice des crises et
multiplie leurs fréquences. Plus que jamais le communisme est
une question posée à l’humanité et une
question à résoudre.
A
la source de ces crises il y a la propriété privée
des moyens de production orientant les capitaux vers les secteurs les
plus porteurs du profit maximum (et la spéculation n’est
que le résultat de cela et non la cause). Tous les capitaux
s’orientent ainsi vers les mêmes secteurs pour maximiser
le profit. La conséquence est simple : des secteurs avec
trop de production au regard des capacité d’achat des
consommateurs (alors même que des besoins vitaux ne sont pas
satisfaits) et des secteurs de production délaissés
(alors que les hommes ont besoins des produits de ces secteurs). Marx
a appelé cela « l’anarchie de la production.
En réponse à cette anarchie Marx en a conclut un axe
central de l’alternative communiste : la planification de
la production à partir des besoins de la société.
Cela suppose l’abolition du profit qui nécessite
l’abolition de la propriété privée.
Plus
que jamais l’économie du 21ème siècle
avec ses capacités de production sans précédent
dans l’histoire de l’humanité a besoin d’une
planification et seule l’alternative communiste en supprimant
la propriété privée des moyens de production
rend possible cette planification tant au plan national que mondial.
Telle est la seconde leçon de cette crise.
La
crise est aussi un moment où le capitalisme montre son
véritable visage : l’accumulation de la pauvreté
à un pôle et l’accumulation de richesse à
un autre, la misère et la pauvreté pour une majorité
et le luxe pour une infime minorité. Les prolétaires
sont les premiers touchés car la crise se traduit d’abord
par la destruction des forces productives (les hommes d’abord
et les entreprises et produits ensuite) et ensuite par la baisse du
pouvoir d’achat. C’est pour cette raison que la classe
des prolétaires est celle qui peut porter l’alternative
communiste. Mais les prolétaires ne sont pas les seuls
concernés : Déjà les dites « classes
moyennes » sont poussées vers la paupérisation
et la précarisation. Or Marx a justement souligné que
c’est lorsque les classes moyennes lient leurs sorts à
celui de la classe ouvrière que les conditions d’un
changement radical se réunissent. La troisième leçon
de la crise est donc la nécessité de faire converger
toutes les classes et couches sociales victimes de la crise en
direction d’un seul front populaire dont le seul dirigeant ne
peut être que la classe ouvrière.
Mais
pour que la classe ouvrière puisse jouer son rôle
dirigeant, il lui faut s’organiser et s’unifier. La
faiblesse actuelle que nous constatons dans la classe ouvrière
n’est pas liée à la force de la bourgeoisie mais
à la faible unification et organisation de la classe ouvrière.
Le travail de sape des sociaux démocrates mais aussi du
révisionnisme, les fausses alternatives que sont les Verts et
le Trotskisme, l’attentisme des directions syndicales jouant le
rôle de sapeurs-pompiers de la révolte des bases
syndicales, etc. c’est tout cela qui désarme le
camp populaire aujourd’hui. Marx a montré il y a déjà
un siècle et demi que la classe ouvrière ne pouvait
l’emporter qu’en s’organisant en parti indépendant
autour duquel pouvait s’agglomérer tous les classes et
couches victimes du capitalisme ; La quatrième leçon
de la crise est le besoin d’un parti communiste réellement
révolutionnaire.
La
crise n’est pas que nationale, elle se déploie sur
l’ensemble de la planète. Elle exacerbe la concurrence
et la guerre économique entre puissances impérialistes
pour le contrôle des sources de matières premières,
pour les débouchés des productions matérielles,
etc. Cette concurrence accrue, l’histoire nous l’a
montré, commence sur le plan économique, se poursuit
par des guerres partielles menés par pays dominés
interposés et par des déstabilisations des alliés
des concurrents, pour se terminer tôt ou tard par une
déflagration généralisée et ouverte :
la guerre mondiale. Le capitalisme c’est la crise et la crise
mène à la guerre. La cinquième leçon de
la crise est donc la nécessité de s’opposer aux
guerres que suscite le capitalisme parvenu à son stade
impérialiste. Pour cela nous avons besoin d’un véritable
mouvement anti-impérialiste.
Si
nous avons connus une campagne aussi forte à propos de la
chute du mur de Berlin et que les tentatives de criminaliser le
communisme ne cesse de se développer c’est que les
classes dominantes de la planète savent que le
communisme est encore aujourd’hui un spectre qui hante le
monde. Simplement pour que ce spectre puisse enterrer ce système
dépassé et croulant de toute part, il reste des
conditions à réunir : un parti, un Front populaire
et un mouvement anti-impérialiste.
Le
communisme est plus que jamais l’avenir de l’humanité!

Intervention
du PCOF
Chers
amis, chers camarades,
Nous
vous remercions pour votre invitation qui s’inscrit dans le
renforcement des liens entre nos organisations, pour travailler à
faire émerger une alternative de rupture avec le système
capitaliste – impérialiste en crise profonde. Nous
tenons aussi à vous remercier pour votre participation au
meeting-fête que nous avons organisé le 14 novembre
dernier à Paris, pour le 30ème anniversaire
de notre Parti. Plusieurs interventions faites à la tribune
ont d’ailleurs abordé des questions que vous soulevez
dans ce forum.
Si
nous ne sommes pas des vôtres aujourd’hui, c’est
parce que nous sommes engagés sur plusieurs fronts et qu’il
ne nous a été impossible de dégager des
camarades pour participer à votre forum. Mais nous voulons y
contribuer à travers quelques réflexions que nous
aurions développées de vive voix. Vous posez la
question du débouché politique des luttes actuelles et
vous posez la question d’une rupture avec ce système,
sur tous les plans. Pour nous, cette rupture doit avoir un caractère
révolutionnaire et elle doit déboucher sur
l’instauration de la société socialiste. Ceci
posé, et il est très important de tracer clairement la
perspective pour la quelle nous luttons, la question posée
est, bien évidemment, de comment on ouvre cette perspective,
dans les conditions concrètes de la lutte de classe, tant au
niveau national qu’international.
Nous
voulons d’abord insister sur le lien entre la dimension
nationale et internationale de la lutte de classe, car nous sommes au
stade de l’impérialisme, une réalité que
la crise actuelle illustre avec fracas : il suffit de voir
comment elle s’est propagée partout dans le monde, avec
quelle violence elle touche la classe ouvrière, les grandes
masses paysannes des pays dominés par les puissances
impérialistes, les peuples de façon générale.
Une des particularités de cette crise, c’est qu’elle
a éclaté dans les métropoles impérialistes
et plus précisément au cœur même du
système, aux USA. C’est pourquoi, la lutte de classe
s’est brusquement accélérée dans les pays
impérialistes eux-mêmes, où la classe ouvrière
a été la première à en subir les
conséquences, notamment à travers la vague énorme
de licenciements, de fermetures d’entreprises… mais très
vite, les conséquences de cette crise ont touché toutes
les couches de notre peuple.
Nous
savons que c’est ici en France, que nous devons travailler à
la rupture de la chaîne impérialiste, que c’est
notre devoir d’affaiblir et, en fin de compte, de détruire
l’impérialisme français, mais nous savons aussi
que ce combat implique toutes les victimes de l’impérialisme
français, notamment en Afrique, dans les colonies et
néo-colonies françaises.
La
prise en compte du lien dialectique entre la lutte de la classe
ouvrière et du peuple de notre pays et la lutte des peuples
qui contestent la domination de l’impérialisme français
a des conséquences pratiques, en termes de taches
internationalistes. C’est aussi le meilleur antidote contre
toutes les tendances à « oublier » que
nous combattons une puissance impérialiste, qui participe à
la politique de guerre et de pillage, et qu’en aucune façon,
il ne s’agit de « défendre »
l’impérialisme français dans la lutte et la
concurrence aiguës que se livrent les différents
puissances impérialistes, pour la domination.
La
question de la caractérisation de la crise est une question
importante, car la compréhension de ses causes est un élément
essentiel pour la prise de conscience de la nature même du
système capitaliste – impérialiste, de
l’impossibilité de résoudre sa crise et de la
nécessité de travailler non pas à le sauver,
mais à « l’enterrer avec sa crise ».
Sans
entrer dans une analyse approfondie de cette crise, nous voulons
souligner le fait qu’il s’agit d’une crise
financière qui est venue aiguiser à la crise de
surproduction relative du système capitaliste. Autrement dit,
les politiques qui visent à « résoudre »
la crise financière ne sont pas de nature à
« résoudre » la crise générale
du système. C’est ce qui explique en partie le paradoxe
de la reprise des profits des monopoles, qui fait dire aux tenants du
système qu’il y a une « sortie de crise »
alors que celle-ci ne cesse de s’approfondir, ce qui se traduit
par des licenciements toujours plus nombreux, des fermetures
d’entreprises, l’accélération des
politiques de délocalisation et la surexploitation de la
classe ouvrière.
Cette
reprise des profits annoncés, au moment où les chiffres
des licenciements explosent, alimente la colère légitime
des travailleurs et des larges masses. C’est pourquoi, nous
pensons qu’il est important de mener campagne autour du mot
d’ordre politique « d’interdiction des
licenciements dans les groupes et les sous-traitants » qui
peut devenir une référence politique d’unité
dans la situation actuelle.
Nous
avons un champ de travail pour approfondir la compréhension de
la nature de cette crise. Si nous ne le faisons pas, les réformistes
s’empareront de la contestation du capitalisme qui n’a
cessé de monter, pour essayer de la cantonner à des
questions de régulation de la finance, de meilleure
répartition…
L’outil
du marxisme-léninisme est tout à fait adapté à
pousser cette analyse. Des partis et organisations marxistes
léninistes ont commencé à le faire. La
déclaration des partis d’Europe, d’août 2009
est une contribution à cette réflexion nécessaire
et elle donne des pistes pour élaborer des mots d’ordre
concrets pour les combats actuels.
Cela
nous amène à la question de la lutte contre
l’opportunisme et le réformisme. Nous connaissons le
danger pour la classe ouvrière et les masses des illusions
réformistes. La question est de savoir comment les combattre,
pour gagner la direction de la lutte de classe. Notre expérience,
nos succès et nos échecs, nous ont appris une chose :
c’est dans la lutte politique, dans la confrontation politique
que doit se mener cette lutte dans le mouvement ouvrier et populaire.
Cela signifie que nous devons élaborer des mots d’ordre,
des positons et des propositions concrètes, qui tiennent
compte du niveau de conscience, du degré de la mobilisation et
bien évidemment des autres positions politiques qui agissent
dans le mouvement ouvrier et populaire. C’est l’enjeu,
par exemple, de l’actuelle bataille politique pour élaborer
des propositions de rupture avec les politiques néo-libérales,
social-libérales et écolo-libérales, en lien
avec la campagne des régionales. Nous nous permettons de vous
appeler à vous y engager et nous sommes évidemment
prêts à en discuter.
Voilà,
chers camarades, quelques réflexions que nous voulions vous
transmettre en espérant qu’elles contribueront au succès
de votre initiative. Recevez nos saluts communistes! Le Comité
Central du PCOF

Une
brochure paraîtra prochainement pour rendre compte de ce débat
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