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Brève présentation de la vie et
de l'action d'Henri Barbusse

"Une grande voix" contre la guerre impérialiste

Henri Barbusse était né dans la banlieue de Paris, à Asnières le 17 mai 1873. Licencié de philosophie, il était devenu journaliste.

L'événement déterminant pour l'épanouissement des forces littéraires et des forces politiques qu'il avait en lui fut sa participation, comme soldat des tranchées, à la guerre de 1914. Il était classé dans le service auxiliaire, mais partit aux premières lignes comme volontaire, croyant défendre la France et son peuple. L'expérience de dix-sept mois de front le détrompa : plus qu'aucun autre écrivain, français ou étranger, de ce temps, il comprit le caractère impérialiste du conflit et s'éleva à l'idée de la négation révolutionnaire de la guerre.

Le Feu, oeuvre d'une hardiesse extraordinaire si l'on songe à la puissance du mensonge officiel, du bourrage de crânes qui sévissait alors, était un témoignage du développement de la conscience révolutionnaire non seulement chez son auteur, mais dans les masses mobilisées pour la guerre. Sa publication précédait de quelques mois les mutineries militaires de 1917.

"L 'histoire de toutes les révolutions, a dit Staline, atteste que l'armée est le seul point de rassemblement où les ouvriers et les paysans des différentes provinces, jusque-là étrangers les uns aux autres, se retrouvent réunis, et une fois réunis, embrassent telle ou telle opinion politique. Ce n'est point un hasard si les grandes mobilisations et les guerres importantes ont toujours provoqué des conflits sociaux, des mouvements révolutionnaires de masse." (Staline: oeuvres, Tome V, p. 174).

Loin de se borner, comme les adeptes du pacifisme vulgaire, à dépeindre et déplorer les horreurs de la guerre, Barbusse montrait qui en était responsable, et comment on pouvait y mettre fin. La guerre lui avait révélé que la domination de la bourgeoisie était la source du désordre du monde social et celle du malheur des hommes: "Le malheur universel provient du capitalisme universel."

Il soulignait qu'il appartenait au peuple de faire l'histoire, de créer son propre bonheur: "Vous pouvez tout, puisque vous êtes les hommes et que toujours, et partout, depuis le premier seuil de l'histoire, c'est vous qui avez tout fait... Le monde sera ce que vous voudrez qu'il soit! ". Dès le 26 janvier 1916, il écrivait à sa femme que le socialisme est "le seul recours possible contre les guerres futures". "Tout le reste est chimère".

Tribun et organisateur

Bien que de 1920 à 1923, il ne fut pas encore membre du Parti communiste français, Barbusse avait cessé de croire, comme au temps où il écrivait le Feu, que la révolution socialiste était nécessaire, mais que l'on était encore loin de sa réalisation. A partir d'Octobre, il a une confiance inébranlable dans le triomphe du socialisme. il professe que le communisme, "dans le désordre des choses, incarne la force consciente des malheureux, personnifie le progrès social et moral; il en est la puissance de réalisation concrète ".

Barbusse entend surtout rassembler contre les impérialistes qui organisent les guerres, les soldats qui les font. il s'adresse aux masses d'anciens combattants. Il leur explique le sens véritable de leurs souffrances et les amène à la conclusion juste.

L'Association Républicaine des Anciens Combattants, fondée le 2 novembre 1917, est pour une grande part son oeuvre personnelle.

Le 15 novembre 1922, Lénine adressera à Barbusse, organisateur des anciens combattants, une salutation où il recommande de fortifier l'association non seulement en nombre, mais dans son programme, ses idées, en se montrant "implacable" dans la lutte contre la guerre impérialiste, en "poursuivant jusque dans leurs derniers retranchements tous les sophismes employés à sa défense".

Mais plus il se fond dans le Parti communiste (auquel il a adhéré en 1923, au moment de la répression déchaînée contre le Parti à propos de sa campagne clairvoyante et courageuse contre l'occupation de la Ruhr), plus il se lie à l'Union soviétique, plus aussi il secoue le poids de ses anciennes convictions idéalistes et mieux il assimile la conception marxiste du monde: "Le communisme, s'écriera-t-il, permet à chacun de penser intelligemment à propos de l'action sociale".

Dans la suite, Barbusse aimera dire n'on seulement qu'il a adhéré d'une façon définitive au Parti communiste, mais qu'il "y adhère tous les jours". il exaltera l'esprit de parti, l'unité idéologique du Parti:
"Une parfaite concordance, une profonde identité d'esprit m'unissent aux maîtres effectifs de la théorie révolutionnaire et aux lutteurs qui sont en Russie et dans le reste du monde la chair et le sang d'une doctrine juste. Il n 'y a aucune espèce de raison pour me considérer comme faisant bande à part..."

Comme Jean Fréville l'a écrit, Barbusse possédait la première qualité de l'intellectuel communiste, la modestie: "Rien ne lui était plus étranger que le désir de briller, de se pousser en avant, de se mettre en vedette." Il disait: "La meilleure façon de servir une cause est d'y apporter l'esprit de discipline et d'unité... C'est toujours la vanité qui vous fait glisser hors de ce devoir."
Précieuse leçon, toujours valable, pour ceux des intellectuels faisant profession de marxisme qui auraient quelque tendance à ce que Barbusse appelait la "myopie aristocratique".
Barbusse lutte en communiste contre le colonialisme. Lorsqu'en 1925, l'impérialisme français déclenche contre le peuple marocain une guerre de rapine, il est aux côtés de Maurice Thorez dans le combat contre cette agression et il lance un retentissant Appel aux travailleurs intellectuels. En 1927, il organisera le Congrès international de Bruxelles contre l'oppression coloniale. En 1930, il dénoncera les bagnes d'Indochine et glorifiera la lutte du peuple du Vietnam pour la liberté.
En 1926, Barbusse consacre un recueil vigoureux, Les Bourreaux, à la lutte contre la terreur blanche dans les Balkans, où il a fait personnellement un voyage d'enquête. A Paris, à Londres, à Vienne, dans beaucoup d'autres villes, il organise des Comités de défense des victimes de la réaction balkanique. Il présente un rapport public à Moscou sur La terreur blanche et le danger de guerre.
Il a déjà pris une part active à la campagne pour la libération de Sacco et Vanzetti. Bientôt, sa voix puissante va s'élever pour la défense de Georges Dimitrov, pour la libération d'Ernst Thaelmann.

Tout faire pour unir

Les mérites personnels de Barbusse dans le déploiement du front unique prolétarien furent exceptionnels. Il était profondément persuadé que la misère des travailleurs serait le mieux combattue, la guerre et le fascisme le plus sûrement vaincus par l'unité d'action de la classe ouvrière, s'efforçant elle même de se lier aux masses non prolétariennes de la population laborieuse.
La théorie social-démocrate des "progrès graduels" est, dit-il, un mensonge, qui "stabilise un état de choses monstrueux et meurtrier". Il faut renverser la bourgeoisie.
Pour lutter contre le capitalisme, générateur de misère sociale et de sanglants conflits entre les nations, les travailleurs doivent serrer les rangs. Barbusse avait pris pour devise: "Tout faire pour unir, ne rien faire pour diviser !" . Il multiplia les efforts auprès du Parti socialiste pour obtenir une adhésion de ce parti à l'unité d'action contre la guerre et le fascisme.
C'est lui qui partagea avec Romain Rolland l'initiative du Congrès mondial contre la guerre; le troisième membre français du Comité d'initiative était Paul Langevin. Le Congrès se tint à Amsterdam en août 1932, et il prit une importance "d'ordre historique".

Henri Barbusse devint Président du Comité mondial de lutte contre la guerre et le fascisme.
"Je me souviens, écrit Maurice Thorez, d'une visite que je fis vers cette époque à Henri Barbusse. Il habitait, pendant la belle saison, non loin de Senlis, la villa Sylvie, du nom de l'héroïne de Gérard de Nerval, qui a décrit d'inoubliable façon cette région si poétique de l'Ile de France. Nous parlâmes des moyens de réaliser l'unité des travailleurs pour lutter efficacement contre le fascisme, dont le spectre se profilait sur l'Allemagne, menaçant d'une nouvelle catastrophe l'univers à peine remis des blessures effroyables de la guerre." (Fils du Peuple, nouvelle édition, 1954, pp. 73-74).

Aux cotés de l'Union Soviétique

Du premier jour de l'existence de la Russie soviétique, Barbusse fut à ses côtés. En 1919 avait paru l'article passionné Nous accusons, qui invitait les travailleurs et les intellectuels d'avant-garde à s'unir contre "le consortium international des impérialistes", pour la sauvegarde du pays du socialisme: "Sauvez la vérité humaine en sauvant la vérité russe. Soyez sûrs que les générations futures jugeront les honnêtes gens de la nôtre dans la mesure où ils se seront levés en ce moment pour crier: Non !" .
Barbusse fit une propagande enthousiaste pour le document sans précédent qu'était la Constitution du pays des Soviets.
A ceux qui demandent : "Que devient la personnalité en régime socialiste ?" , Barbusse répond: "La personnalité s'exalte parce que devant chacun s'ouvrent des possibilités qui sont interdites aux exploités qui logent dans les pays à patrons et à esclaves. Le socialisme... donne à chaque personne les moyens maxima de s'épanouir."
Organisateur en même temps que propagandiste, il sera l'un des fondateurs et le Président de l'Association des Amis de l'Union Soviétique.
En 1935 paraît le livre Staline, médité durant de longues années, écrit avec amour. D'après l'auteur, si Lénine vit partout où il y a des révolutionnaires, "c'est en Staline plus que nulle part ailleurs que se trouvent la pensée et la parole de Lénine. Il est le Lénine d'aujourd'hui".
Le portrait de Staline, "l'homme qui veille sur tout, et qui travaille, -l'homme à la tête de savant, à la figure d'ouvrier et à l'habit de simple soldat", a retenu les regards du monde entier.
Peu avant de mourir, Barbusse recueillait la documentation nécessaire pour rédiger une biographie de Lénine, avec l'intention de montrer "l'unité complète de la personne et de la cause". Il a présenté au public français les Lettres de Lénine à sa famille.
Barbusse prévoyait la deuxième guerre mondiale. Il écrivait que la guerre était la seule issue pour Hitler, dans la mesure même où tout programme positif lui faisait défaut. Il annonçait que Hitler jetterait le masque dès qu'il se sentirait suffisamment armé et qu'il se serait assuré des alliés.
Mais Barbusse voyait aussi d'autres forces dans l'arène, les forces saines. Le patrimoine humain, disait-il, sera défendu par l'Union Soviétique. Et il prophétisait non seulement la victoire anti-fasciste, mais une extension du monde nouveau, du monde socialiste: "Où passera le guerre, passera la révolution... Quand on veut démolir le progrès, on le fait avancer."

C'est à Moscou que Barbusse est mort, le 30 août 1935, terrassé par la maladie quelques jours après avoir paru à la tribune du VIIème Congrès de l'Internationale communiste, où le Parti communiste français et son Secrétaire général Maurice Thorez furent à l'honneur en raison des succès remportés dans l'organisation du front unique de la classe ouvrière et du Front Populaire.


Chacun(e) comprendra que le nem d'Henri Barbusse convient admirablement au Cercle de culture populaire que nous voulons fonder en ces heures noires de la réaction, en ces temps de liquidation et de déroute du mouvement communiste international, il s'agit bien de rassembler, de guider et unir comme le fit Henri Barbusse.

Le Cercle Henri Barbusse s'attachera à la constitution d'un fond bibliothécaire mis à la disposition du cercle et de ses activités et constitué par la recherche d'écrits anciens, rares et fondamentaux, par la réédition de livres disparus (en terme de masse) et l'édition d'écrits ou cassettes audio et vidéo propres à son activité.

Le Cercle Henri Barbusse de culture populaire est dirigé et administré par le comité directeur. Ce dernier se devra de parfaire l'unité idéologique qui prévaut à sa constitution. Cette unité sera atteinte au prix d'efforts collectifs et individuels à partir d'un travail interne au Comité Directeur; lectures et travaux dirigés, confrontation de travaux personnels etc..., débouchant sur une maîtrise plus grande du marxisme-léninisme.

Le Comité Directeur veillera tout particulièrement à éviter les débats théoriques coupés des réalités et nécessités de l'action révolutionnaire.

Le critère retenu pour éviter ou le sectarisme étroit ou l'abandon de tout principe sera le sérieux révolutionnaire (marxiste-léniniste) de chaque individu ou collectif d'individus.

Notre Cercle entend mériter le glorieux nom d'Henri Barbusse.


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