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Retourner à la liste Imprimer 5 Mars 2012
La Paix, un enjeu majeur pour la campagne du Front de Gauche, et bien au-delà !

Sur la centaine de pages de son programme, le Front de Gauche souligne les ravages de la crise, démasque la supercherie de la dette comme instrument de pression pour pouvoir casser notre système social, mais ne consacre malheureusement que 3 pages aux questions des relations entre la France et le monde, tant il est probablement difficile pour toutes les composantes du Front de Gauche de parler d’une seule voix dans ce domaine.

C’est justement compte tenu du contexte de crise générale du capitalisme qu’il faut placer la lutte contre l’impérialisme et le mouvement pour la Paix dans les sujets prioritaires du programme et de cette campagne en cours.

Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage” disait Jean Jaurès déjà avant la première guerre mondiale. L’histoire a confirmé les mécanismes que Marx et Lénine avaient décrit en leur temps, à savoir que le capitalisme est par nature en crise de manière cyclique, et que pour sortir de chacune de ces crises, il a toujours besoin d’une guerre (pour briser le blocage des forces productives, trouver à terme de nouveaux marchés...). La crise qui sévit depuis 2008 est une gigantesque crise de surproduction, et ce n’est pas cette fois-ci une guerre du golfe qui y mettra fin. Faut-il rappeler que la dernière crise d’une ampleur comparable s’est déroulée en 1929 et a amené la peste fasciste sur l’Europe et la Seconde Guerre Mondiale.

Le système capitaliste est semblable à une immense pieuvre qui aurait un tentacule sur les travailleurs exploités des pays oppresseurs, un tentacule sur les peuples des pays soumis à l’impérialisme (néo-colonisés), et un tentacule sur les pays qui remettent en cause son hégémonie, en particulier les pays socialistes. S’attaquer à un seul de ces tentacules ne permet pas d’attaquer le système en son cœur. Les luttes que nous menons en France pour nos droits sociaux, nos services publics... sont donc indissociables des luttes des peuples luttant contre l’impérialisme sous toutes ses formes. Inversement pour la lutte contre l’impérialisme, comme le disait Karl Liebknecht en 1915, « L'ennemi principal est dans notre pays ! ».

LA CRISE VA EN PLUS DESTABILISER LE SYSTEME CAPITALISTE

Le gouvernement, les médias, même les candidats pour la présidentielle nous racontent que la crise et quelques spéculateurs seraient responsables de l’austérité aggravante du peuple.

Souvenons-nous. La prise en main par les gouvernements a accéléré son cycle en voulant stopper la crise commerciale et financière de 2008 avec 1.000 milliards de dollars comme cadeau à différentes banques, en faisant payer le contribuable. L’Union européenne avait été impliquée avec au moins 300 milliards d’euros, pour empêcher la réaction en chaîne de la faillite des banques et des Etats. Selon l’argumentation des politiciens, à cette époque, on aurait pu stimuler la croissance de l’économie.

Ils n’ont ni compris Karl Marx ni Friedrich Engels qui avait dit  concernant des lois économique sur la société capitaliste: [On] « ne peut rien changer au fait que le cours de l'histoire est sous l'emprise de lois générales internes. Car, ici aussi, malgré les buts consciemment poursuivis par tous les individus, c'est le hasard qui, d'une façon générale, règne en apparence à la surface. »

Car le taux de croissance n’augmentait pas. Les carnets de commande dans la production industrielle restaient vides. C’était un peu différent pour l’Allemagne, plus forte que jamais après la réunification qui était une affaire de milliards pour le capital de la RFA, aujourd’hui bien intégrée aux marchés de l’est et surtout à la Chine.

Le «coût du travail  trop élevé» est un mensonge en soi. Le seul moyen de créer la base d’une richesse nationale (cela veut dire pour le peuple entier) est le travail productif des travailleurs, des ouvriers, des mécaniciens et techniciens, même des ingénieurs et chercheurs… La pensée d’un capitaliste, des responsables des grandes sociétés vise son profit. Il ne s’intéresse pas à son travailleur, sauf à sa volonté de travailler toujours plus et ne pas trop demander de salaire, ce qui amoindrirait le profit du patron. Il faut faire très attention si quelqu’un parle du « coût du travail», s’il parle du «peuple pour qui il se bat», « la vérité, la sincérité, des idées » et des grands mots semblables. Le gouvernement n’est pas le gouvernement du peuple français, c’est qu’il veut faire croire, mais un gouvernement au salaire du capital, responsable de garder la paix entre les profiteurs et les travailleurs. Parlant de la France, de « nous », le gouvernement de la droite parle toujours pour sa classe, celle des capitalistes.

Depuis la crise de 2008, les gouvernements des Etats hautement développés ont tous essayé d’équilibrer leurs finances et de renforcer un essor de la conjoncture économique. Les profits des grandes entreprises augmentent toujours, parce qu’ils sont liés avec leur équipement ultramoderne à une productivité plus haute que la moyenne au pays. Pour elles, la baisse des salaires est un profit en plus. Les capitalistes abandonnent le bataillon des chômeurs à l’Etat et à la misère.

Comme d’habitude au capitalisme, on renforce  tout d’abord l’oppression à l’intérieur par une diminution réelle des revenues. Cela mène  à une baisse du pouvoir d’achat et accélère ainsi la crise de la surproduction qui se reproduit dans les cycles plus courts - et plus forts. Les capacités d’une plupart des entreprises industrielles ne sont plus utilisées à plein et elles ferment. En 2010 et 2011, on n’a trouvé aucune solution aux problèmes des capacités non utilisées, dans aucun pays – sauf en Chine socialiste. Là-bas, les salaires réels augmentent régulièrement, pendant qu’ils baissent réellement en Europe.

Seulement dans une société socialiste, les lois économiques peuvent être utilisées dans l’intérêt de la plupart de la société.

Alors, les industriels pourraient prendre des crédits pour moderniser leurs entreprises. C’est une possibilité d’être plus fort aux marchés par rapport à la concurrence. En plus, les banques centrales offrent des crédits toujours plus bas ! Or, seul but de cette activité est l’augmentation du profit des banques, car l’investissement le plus rentable pour le capital financier reste la bourse. Les Etats avaient aidé a stabilisé l’oligarchie financier. Ensuite,  la crise de 2008/9/10 se reproduit plus fort encore aujourd’hui et n’est pas encore au bout de son chemin. Mais voilà le cercle vicieux :

Le portefeuille de titres au monde a une valeur de 293 trilliards d’US-dollars [= 293.000 milliards], c’est presque le quintuple de la capacité de l’économie mondiale de 63 trilliards d’US-dollars… Avec la prise en main de la crise par les Etats, depuis 2008, s’ajoutent des emprunts des Etats et des produits dérivés qui se développent au sein des marchés financiers – comme les dettes des Etats...On oblige les banques à trouver des possibilités de vendre pour un profit toujours plus gros. Mais ils ne peuvent que tirer des profits de la production matérielle… » Et voilà, le chat capitaliste attrape sa propre queue, » conclue le journal allemand KAZ, n° 337.

C’est la fusion du capital bancaire et industriel qui freine la production matérielle. Il n’y a aucune solution dans ce système capitaliste et impérialiste, où les plus grands mangent les plus petits. C’est pourquoi que « séparer les activités de dépôt et celles de marché pour que les banques cessent de spéculer avec l’argent des Français et que les projets des PME soient financés », reste pourtant un vœu pieux.

L’AUGMENTATION DE LA PRODUCTION D’ARMEMENT - UNE SORTIE ?

Les milliards d’emprunts des Etats sont utilisés par les entreprises d’armements de toutes sortes, les seules affaires qui peuvent toujours marcher: Il faut justement mettre le feu au monde. Maintenant, les gouvernements impérialistes ne parlent plus de la guerre, mais des « interventions humanitaire ».

L’un des premiers pas du Président, en 2007/8, était la préparation d’une nouvelle stratégie de la France, pour « que notre pays reste une puissance militaire et diplomatique majeure, prête à relever les défis que nous confèrent nos obligations internationales, et celui que l’État assure l’indépendance de la France et la protection de tous les Français. » (Livre blanc de la Défense et de la Sécurité nationale, p.9) Ce dernier nous parle d’acheter obligatoirement

- un » groupe aéronaval, avec son groupe aérien complet, 18 frégates de premier rang, ainsi que 6 sous-marins nucléaires d’attaque

-une capacité à déployer un ou deux groupes navals, amphibie ou de protection du trafic maritime ;

- un parc unique de 300 avions de combat (Rafale et Mirage 2000 D modernisés), air et marine, autorisant une présence permanente sur le territoire d’environ 5 escadrons, une projection à l’extérieur du territoire national de 70 avions, des moyens de prévention repositionnés et un dispositif d’alerte opérationnelle de l’ordre de 10 avions ».

S’agit-il vraiment d’armes et d’équipements « de défense » !?

C’est toujours le citoyen qui paye la facture. Et nous ne sommes pas au bout de la spirale.

Si aujourd’hui le gouvernement français parle d’un renforcement de la puissance industrielle, cela voudrait dire en clair un renforcement de l’industrie d’armement. Il n’est pas une grande surprise qu’elle soit le seul secteur en augmentation. « ... les entreprises françaises ont remporté des marchés importants en matière de ventes d'avions, d'armes et d'infrastructures… », confirme Pierre Lellouche au Le Figaro le 31/01/2012. Prenons l’achat des drones militaires pour 318 millions d’euros à la société Israël Aircraft Industry dont l’Etat israélien est actionnaire, le groupe Dassault étant chargé de les équiper. Il n’est pas encore étonnant que Dassault attende une grande adjudication de l’Etat brésilien pour au moins 36 avions d’attaque « Rafale ». (Handelsblatt, 14/02/2012) Elle vaudrait au début 4 milliards d’euros, en attendant encore plus, et le gouvernement va nous expliquer que  l’économie de notre pays se redressera.

SE DEFENDRE CONTRE LES « DANGERS DE LA MONDIALISATION »

Parlons-en très clairement : Les Etats impérialistes ont besoin de leurs armées, de leurs industries d’armement pour protéger les grandes entreprises partout dans le monde, comme c’est le cas pour la France  pour Total, Renault, Bouygues, Areva … en Afrique ; pour défendre les pouvoirs laquais dans les pays pauvres et colonisés ; pour chercher et protéger (chaque pays pour soi et parfois tous ensemble!) un marché dans les pays non développés et maîtriser les autres dans le but d’exercer une hégémonie incontestable sur les peuples du monde entier, en les volant, en les tuant.  

En même temps, les Etats capitalistes et impérialistes ont besoin de profits tirés du travail de leur propre peuple. Le peuple croit peut-être un peu trop au fait qu’il se trouve ensemble avec les riches dans un même bateau. C’est un peu le cas, mais les uns se sentent les propriétaires et les pilotes, pendant que les autres sont les esclaves aux rames. Mais quelle marchandise pilote-le capitaine aux intérêts de qui ? Va-t-il nous emmener directement dans l’ouragan avec ses marchandises dangereuses ?

Est-il n’est pas très étonnant que la France, d’autant qu’elle veut être plus proche de l’Europe, doit se défendre contre les dangers de la « mondialisation » ? Mais non, après la guerre froide, les Etats impérialistes ont trouvé un nouvel ennemi : l’Asie et les pays émergents au monde. Les Etats d’occident et derrière eux les grandes puissances entre outre françaises ou allemandes (1% du peuple) se voient concurrencés par « de nouveaux acteurs puissants ». C’est une vielle méthode du chauvinisme européen, que d’inventer des ennemis pour faire jouer la carte de la guerre. Rappelons-nous, au temps de la guerre froide, les pays socialistes « agressifs » jouaient la carte du bouc émissaire. Aujourd’hui, ce sont les pays émergents, surtout la Chine socialiste.

On nous prescrit l’Union européenne  comme « un acteur majeur de la gestion des crises et de la sécurité internationale ». En même temps, le  Livre blanc souligne la complémentarité entre l’Union européenne et l’Alliance Atlantique » puisque c’est elle, la garante pour la paix dans le monde » !!! Bien sûr, en parlant de la « dynamisation de l’industrie de défense européenne ». Mais si on espère »européaniser l’industrie », la concurrence entre les Etats mettra souvent du sable entre les rouages des entreprises, ce qui n’empêche pas  d’essayer de trouver de nouveaux partenaires en Israël, Qatar ou autrement. Les gouvernements des pays arabes et d’Israël ont peur de leurs peuples et envient les biens de leurs voisins. Leurs patrons riches aiment maintenant jouer aux armes.

Les industriels et marchands d’armes se sont déjà compris (et surtout, ils sont devenus plus riches !) pendant les 1er et 2nde GM. C’est pourquoi les gouvernements de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis etc. (ne pas oublier les riches états du Golf) veulent provoquer une grande guerre, commençant en Syrie.

L’OCS, Organisation de Coopération de Shanghai, organisation de coopération politique, économique et militaire rassemblant la Chine, l’Inde et les pays d’Asie Centrale, a admis en 2005 l’Inde, l’Iran et le Pakistan en tant que pays observateurs. Pour les Etats-Unis et ses valets de l’OTAN, toute les manœuvres impérialistes qui étaient prévues en Asie et au Moyen-Orient étaient donc à repenser. En novembre 2010, l’OTAN a monté un nouveau concept stratégique sous le titre « Active Engagement – Modern Defense », car, ils se sentaient menacées par les OCS.

C’est compréhensible. Le monde du grand profit se sent menacé par les Etats, qui construisent leurs activités internationales sur  les principes de la conférence de Bandung : La paix, l’indépendance, le commerce aux avantages réciproques.  

LES REVOLTES POPULAIRES - UN « DANGER » POUR L’OTAN

Outre une stratégie d’encerclement sur le pourtour de l’Océan indiens et en Asie du Sud-est, les “printemps arabes” on offert une occasion inespérée de rebattre les cartes.

Pris de court par les révolutions populaires victorieuses qui ont soulevé la Tunisie et l’Egypte au début 2011, les occidentaux n’ont pas tardé à réagir en travaillant avec leur fidèles porte-avions arabes, l’Arabie Saoudite et le Qatar, pour mettre le feu là où ils en avaient besoin (en Libye et en Syrie), pour mater les révoltes populaires qui pouvaient les déranger (Bahreïn), et pour “racheter” les révolutions victorieuses (victoire des islamistes d’Enahda en Tunisie financés par le Qatar). Pris de court par les révolutions réellement populaires qui ont soulevé la Tunisie et l’Egypte au début 2011, les occidentaux n’ont pas tardé à réagir en travaillant avec leur fidèles porte-avions arabes, l’Arabie Saoudite et le Qatar, pour mettre le feu là où ils en avaient besoin (en Lybie et en Syrie), pour mater les révoltes populaires qui pouvaient les déranger (Bahreïn), et pour “racheter” les révolutions victorieuses (victoire des islamistes d’Enahda en Tunisie financés par le Qatar).

Les dépenses pour la « défense » française au sein de l’OTAN sont bien dissimulées, on parle de 7,5% ou même de 13% du BIP. Dans les discours sur le budget de défense pour la loi de finance 2012, on peut lire : « L’état-major des armées a d’ailleurs indiqué qu’il évalue le coût total de notre réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN à 650 millions d’euros entre 2010 et 2015. Entre 2010 et 2011, notre participation a d’ailleurs augmenté de 14 %. »

Passons ici à la fin des chiffres : « D’ici 2020, l’effort total consenti pour la défense, hors pensions, s’élèvera à 377 milliards d’euros » et «les crédits de défense ne baisseront pas … Elles pourront comporter des ressources exceptionnelles ». On parle d’un « budget d’équipement qui passera de 15,5 milliards d’euros par an en moyenne en 2003-2008 à 18 milliards d’euros en moyenne par an pour la période 2009-2020 .» (Livre blanc, P. 318)

Il est intéressant de savoir, que la France possède le plus grand budget militaire dans l’Union européenne, même en sachant que les chiffres soient bien manipulés, que les moyens pour le budget de défense sont dissimulés dans les budgets des autres missions d’État.  Les États européens sont en train de nouer un nouveau pacte fiscal, et ils se sont mis d’accord (sauf la Grande-Bretagne et la République Tchèque) d’un soi-disant frein de dettes. Le journal allemand « Handelsblatt » affiche dans son édition du 14/02/2012, que l’objectif du pacte serait difficilement joignable pour la France, sinon en réduisant la moitié des dépenses militaires.  On « compare» pour d’autres pays les chiffres à ceux de la fermeture de toutes les écoles élémentaires. Bien sûr, le journal prend la diminution des dépenses militaires pour « hors de question ». Un désarmement de la France n’est pas aux intérêts de l’Allemagne. La guerre et les industries d’armement rapportent beaucoup plus de profits pour quelques personnes « d’élite » en France et ailleurs qu’une économie pendant la paix.

Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage” disait Jean Jaurès déjà avant la première guerre mondiale. L’histoire a confirmé les mécanismes que Marx et Lénine avaient décrit en leur temps, à savoir que le capitalisme est par nature en crise de manière cyclique, et que pour sortir de chacune de ces crises, il a toujours besoin d’une guerre. Faut-il rappeler que la dernière crise d’une ampleur comparable s’est déroulée en 1929 et a amené la peste fasciste sur l’Europe et la Seconde Guerre Mondiale.

ET TOUJOURS LES MENSONGES DE L’IMPERIALISME

L’exemple de la Libye est à ce titre une démonstration admirablement condensée de l’impérialisme moderne : une propagande massive et concertée, autant par la chaîne du Qatar Al Jezeera que par les médias occidentaux, pour faire croire que Kadhafi avait commencé à massacrer son propre peuple.

Ce mensonge grossier n’a pas tenu deux jours puisque la Libye n’a pas réagi contre un soulèvement populaire, mais bien contre une offensive menée par des milices, armées par les monarchies du golfe, et brandissant le drapeau de l’ancien roi.

La suite est assez classique : une résolution de l’ONU pour interdire aux avions libyens de voler, qui se transforme aussitôt en permis de massacrer pour les troupes de l’OTAN, bombardant tous azimuths civils et militaires; un soutien inconditionnel aux milices du CNT, à leur usage de la torture, aux massacres de civil pro-kadhafistes, et surtout au traitement barbare qu’ils ont réservé à Kadhafi et à ses proches.

Le résultat est assez conforme aux attentes : l’établissement d’un régime islamiste autoritaire, emmené par Al Qaïda, qui commence par instaurer la sharia, avant de laisser le champ libre aux compagnies pétrolières et aux militaires américains.

Les libyens, qui avaient l’indice de développement humain le plus élevé d’Afrique avant le conflit, sont rejetés dans un monde féodal.  Désormais, ils ne disposeront plus de leurs ressources pétrolières et gazières, et ils seront brimés par un régime islamiste. Certes, le dernier mot n’est pas encore dit !

Après l’éprouvette de Colin Powel pour prouver que l’Irak avait des armes de destruction massive en 2003, après l’infirmière qui affirmait à l’ONU que l’armée de Saddam tuait les bébés koweitiens dans les couveuses en 1991, on essayai un remake pour la Syrie, l’an dernier. Mais les mensonges concernant la mort de 8 bébés par les forces syrienne sont été rapidement démasqués.

Avec la Syrie, la recette est similaire : on arme des milices islamistes (takfiristes, salafistes...), on met le feu dans quelques villes, on demande une résolution de l’ONU, on crée un Conseil National Syrien sous l’égide de l’OTAN en Turquie, on lui confie la priorité de collaborer avec Israël et de couper les ponts avec l’Iran, le Hezbollah et le Hamas..., et bien sûr on lâche des centaines de journalistes et d’ONG aux ordres pour crier au génocide. Dès lors, que les milices pro-occidentales tuent des civils par dizaines, tirent sur un couvent ou des mosquées, fassent sauter des voitures piégées (79 morts à Alep), tuent des religieux, ou pire, un journaliste de France 2, on attribue ces crimes au régime syrien.

Le fiasco de la mission des 166 observateurs envoyés en Syrie par la Ligue Arabe (c’est-à-dire par le Conseil de Coopération des pays du Golfe, fidèle allié de l’OTAN) l’a justement souligné : le pouvoir syrien ne génocide pas son peuple sans raison, mais mène des opérations ciblées contre des milices islamistes, armées et renforcées par l’étranger.

Bref, la propagande de guerre est en marche comme elle l’a été en Lybie, mais la situation est potentiellement bien plus grave !

La Syrie est en effet un allié privilégié de la Russie (elle héberge même une base militaire à Tartus), de l’Iran et par conséquent de l’OSC et de la Chine. Par ailleurs, Israël, l’Union Européenne et les Etats-Unis s’efforcent de rendre de plus en plus concrètes les menaces et agressions vis-à-vis de l’Iran : ils assassinent un scientifique travaillant sur le projet de centrale nucléaire, ils débattent à la Knesset d’un bombardement préventif de cette centrale, l’UE décrète un embargo sur le pétrole Iranien...

Bref, il n’y a pas de massacres des troupes légales en Syrie ou de menace nucléaire en Iran, il y a là simplement deux pays où le capitalisme occidental en crise et son bras armé l’OTAN cherche un affrontement direct avec l’Iran, en assurant un front arrière en Syrie.

Aujourd’hui, les Etats de l’OTAN se heurtent aux pays de l’OSC, aux différents pays de l’Afrique et d’Amérique latine et du Sud. Il est temps que les peuples orientaux et surtout les classes ouvrières s’allient pour renforcer le pouvoir de la paix. Pour les années (ou p.-être. les mois) à venir, une augmentation des impôts de  40% est prévu, en Europe. Dans le cas d’une grande guerre juste à côté de l’Europe, les privations ne s’y arrêteraient pas.

TOUS ENSEMBLE POUR LA PAIX

La situation est grave. Le monde entier doit impérativement empêcher les états impérialistes de déclencher une nouvelle guerre mondiale, qui mettrait en danger toute l’humanité compte tenu de l’arsenal nucléaire des forces en présence. Il est grand temps que les peuples unissent leurs forces pour renforcer le pouvoir de la paix.

Le chapitre “une politique au service de la Paix” du programme du Front de Gauche inscrit très clairement et très justement le retrait de la France de l’OTAN, mais il reste beaucoup trop général sur les enjeux de cette politique internationale.

La campagne présidentielle étant une occasion intéressante de rencontrer le plus grand nombre et de lui faire prendre conscience de ces enjeux, il est très important que le Front de Gauche replace ce sujet parmi les premières priorités :

  • en dénonçant clairement les manœuvres impérialistes qui visent à déstabiliser la Syrie et l’Iran pour provoquer un conflit d’échelle mondiale en particulier contre l’Iran, la Russie et la Chine,

  • en reliant nos luttes sociales en France et les luttes des peuples contre l’impérialisme, car nous avons le même ennemi,

  • en dénonçant les médias qui relaient pour la centième fois la même propagande de guerre,

  • en relayant la nécessité de reconstruire un grand mouvement puissant et cohérent pour la Paix, comme il existait juste après la seconde guerre mondiale.


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