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Israël a perdu !

14 Mai 2011 : 63 ans après sa création, une visite dans ce pays raciste et paranoïaque permet de l'affirmer : sa fin est programmée !

Depuis la construction du mur de la honte, pouvoir sillonner à la fois les routes d’Israël et de Palestine, et discuter avec des personnes de classes et origines diverses des deux côtés, n’est envisageable ni pour un Israélien, ni pour un Palestinien. Un passeport occidental et un nom qu’on ne peut suspecter d’être d’origine arabe permettent d’évaluer l’état de décomposition dans lequel se trouve l’état sioniste.

Même si les Israéliens progressistes ne considèrent pas qu'Israël soit un Apartheid, les faits sont là, ils ne peuvent que constater qu’il s’agit d’un état raciste où l’appartenance ethnique et surtout religieuse conditionne la position que l’on occupe dans la société.

Aussi prégnante que les castes indiennes, la religion est inscrite sur la pièce d’identité, et cette information, recoupée avec le lieu de naissance, détermine en grande partie la classe sociale à laquelle chacun peut prétendre accéder dans une échelle implicite de valeur. Echelle nauséabonde que l’on peut schématiser grossièrement par ordre d’importance décroissante dans la société :

- juifs ashkénazes de 1948, à la tête du pouvoir politique et pour une bonne part économique,

- juifs orthodoxes (ashkénazes ou séfarades), globalement peu investis dans les conflits de ce bas monde, et dont certains considèrent l'État d’Israël comme une hérésie puisque seul Dieu était en mesure de recréer les conditions d'existence d’un état juif en Palestine,

- russes (ukrainiens...) assimilés massivement depuis la chute de l’URSS, en fermant les yeux sur plusieurs centaines de milliers d’immigrants qui ne sont pas juifs, et sur bon nombre de mafieux plus attirés par la manne financière que par « l’idéal sioniste »,

- juifs séfarades, n’ayant jamais tenu les rênes du pouvoir, même lorsqu’ils étaient majoritaires dans la population,

- arabes chrétiens, druzes, peu menaçants d’un point de vue démographique, et utilisés du coup comme caution de la bonne intégration prétendue des arabes Israéliens, mais en réalité surtout comme outil de leur division,

- juifs éthiopiens, Falashas qu’Israël est allé chercher suite aux conflits de 1984 et 1991, reconvertissant au passage bon nombre de falashmoras qui se sont prétendu juifs ou anciennement juifs, sans que les autorités religieuses le reconnaissent du moins dans un premier temps,

- immigrés économiques, philippins, thaïlandais... dont on apprécie autant la force de travail que le fait qu’ils ne soient pas musulmans, et dont de plus en plus arrivent à obtenir la nationalité,

- arabes musulmans, très grande majorité des arabes Israéliens, exclus de la vie politique et économique, et dont l’identité palestinienne est elle-même niée,

- immigrés sans papiers, majoritairement Érythréens, traités comme dans tous les pays occidentaux, comme des esclaves.

 

La contradiction principale d'Israël, c’est qu’elle court deux lièvres à la fois ; elle veut d’une part favoriser l’immigration massive pour gagner la guerre démographique, et d’autre part se battre pour qu'Israël reste un état purement ou du moins majoritairement juif.

L’instrumentalisation de l’antisémitisme en Europe et aux US par Israël ne suffit pas à faire venir suffisamment de juifs, réticents devant la situation instable du pays. D’autre part la chasse aux 9 “tribus perdues d’Israël”, campagne de conversion de populations isolées en Inde, Chine, Thaïlande, Japon... et considérées comme de tradition juive, ne concerne que quelques milliers d’individus.

Face à la natalité de la population musulmane, et si l’on enlève tous les non juifs assimilés en particulier en provenance de Russie, la population Juive est passée de 90% en 1948 à 60-70% à l’heure actuelle. Bon nombre d’Israéliens sont donc conscients que d’ici 50 ans, même à l’intérieur de ses frontières, la bataille démographique est perdue. « Ce que je ne comprends pas avec les terroristes, c’est qu’il leur suffirait de serrer les dents 50 ans et de toutes façons ils auront gagné » explique Nimrod, dont la famille est installée dans la région depuis plusieurs centaines d’années. Mais combien de morts, de souffrance et d’humiliations seront encore nécessaires dans l’intervalle ?

On peut ajouter à cela le tarissement des deux sources qui permettent à Israël d’exister :

- le flux financier des Etats-Unis vers leur porte-avion géant au moyen Orient, qui a tendance à se réduire du fait des conséquences de la crise du système capitaliste, et de la multipolarisation de l’échiquier géopolitique mondial,

- que ce soit depuis le plateau du Golan, le château d’eau du Moyen-Orient volé aux Syriens en 67, ou depuis le Jourdain ou les collines de Cisjordanie, volées aux palestiniens par une expropriation arbitraire, les ressources en eaux ne permettent plus de subvenir aux besoins d’une société de consommation qui n’accorde que peu d’importance à la sécheresse qui sévit depuis quelques années dans la région.

 

A contrario, Israël peut compter sur deux atouts de taille :

- les gisements de gaz du Léviathan, découverts récemment au large d'Israël, comptent parmi les plus grandes réserves du monde, naturellement après amputation d’une partie des espaces maritimes des libanais, égyptiens et chypriotes. Même si elles s’avèrent assez difficiles à exploiter et ne seront pas opérationnelles avant quelques années, elles constituent le seul espoir d’indépendance énergétique et donc en partie géopolitique de l’état sur le moyen terme.

- une population animée dès le plus jeune âge par l’idéal du grand Israël (entre le Nil et l’Euphrate, les deux bandes bleues du drapeau), et formatée par un service militaire qui permet à tous les adolescents et adolescentes de 18-19 ans, d’aller humilier des palestiniens dans les “territoires” pendant deux ans. Ces “territoires” cisjordaniens étant officiellement interdits aux citoyens Israéliens (sauf aux colons subventionnés et aux militaires), la seule occasion qui leur est donnée de fréquenter des palestiniens, c’est donc en tant que militaire post-adolescent, posté à un checkpoint, avec pour seule instruction de traiter tout individu comme un chien; qu’il s’agisse d’un vieillard, d’un enfant, ou surtout d’une femme enceinte, puisque la mort de tout enfant palestinien est une victoire pour Israël. Cet embrigadement explique le détachement avec lequel certains Israéliens sont capables de raconter le massacre de Gaza en 2009 comme ils raconteraient un jeu vidéo. “On tirait depuis chez nous sur toute personne qui s’aventurait à sortir après le couvre-feu, avec des lunettes à vision nocturne…” explique sereinement moshav, officier réserviste qui a été de toutes les opérations durant les 10 dernières années. Les télévisions Israéliennes relayant béatement les informations américaines, même les plus progressistes sont globalement aveugles et considèrent que c’est l’Iran seul qui tire les ficelles dans la région, le Hamas n’étant qu’un de leur pantin. Les soulèvements populaires du monde arabe, et en premier lieu celui d’Egypte, ne semblent donc pas plus importants à leurs yeux que la roquette artisanale du Hamas qui a tué une poule au sud d'Israël.

 

Les animaux entrent dans la cage du checkpoint de Qalqilya.

 

Face à cela, les palestiniens vivent un cauchemar éveillé avec une résistance et une dignité qui surprendraient tous les donneurs de leçons occidentaux.

Et pourtant l’oppresseur sioniste les a divisés plus qu’il n’était imaginable, entre arabes israéliens chrétiens, arabes israéliens musulmans, “résidents” de Jérusalem Est, habitants des zones A, B, C ou des camps de réfugiés de Cisjordanie, habitants de Gaza, jusqu’aux palestiniens de la diaspora... Chacun a un statut et des droits distincts, et chacun a des raisons pratiques de se battre pour ses propres intérêts.

« L’état le plus moral du monde » a également volé toute leurs ressources en eau potable, la plupart de leurs zones cultivables, leurs sites archéologiques, pour mieux effacer les traces de leur histoire, a coupé des quartiers en deux, en a emmurés d’autres, a étouffé toute voie de communication entre les villes et villages palestiniens et donc toute forme d’économie locale. Le résultat est désastreux à deux niveaux :

- à deux pas d’un pays d’abondance, où les champs sont verts et les autoroutes éclairées, la Palestine est un pays marqué par le sous-développement, la corruption, et pratiquement en état de survie, alors que les ressources seraient largement suffisantes pour couvrir les besoins de toute la population,

- le fossé entre Hamas et Fatah et dans une certaine mesure entre Gaza et Cisjordanie, s’est pas mal creusé ces dernières années. Même si c’est bien l'état d'Israël qui les massacre, qui les humilie, qui les exproprie, et surtout qui souffle sur les braises de la division, ce sont bien les Palestiniens eux-mêmes qui, par cette division, sont le plus gros obstacle à la création de leur état.

 

Malgré cela, les Palestiniens n’auront certainement jamais accès au gaz Israélien, mais ils ont une ressource bien plus précieuse dans le conflit : la jeunesse. A parcourir les rue de Palestine, on mesure combien ils prennent soin de ce trésor, en particulier si l’on évalue le nombre et la richesse, toute relative, des magasins de jouets ou de fournitures scolaires.

 

Que ce soit sur le plan géopolitique ou démographique, la notion « d’état Juif » est donc déjà condamnée. Outre les détecteurs de mouvements dans les stations de bus et de train, les caméras, les camps militaires omniprésents, la présence de l’armée dans des domaines qui ne sont pas habituels comme la culture ou le divertissement, un simple passage par l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv suffit à mesurer la paranoïa quotidienne dans laquelle le gouvernement plonge les Israéliens par des pratiques de plus en plus racistes et dans une certaine mesure fascistes. C’est le signe le plus visible de sa fin programmée, fin qui prendra probablement la forme de la création d’un grand état mixant tous ces peuples.

Mais si la défaite d’Israël est évidente à moyen ou long terme, les palestiniens n’ont pas pour autant gagné !

L’état sioniste s’amusera certainement encore un moment à créer et entretenir des divisions entre les palestiniens comme un chat s’amuse avec une pelote de laine. Et il y a fort à parier que le pouvoir israélien va continuer à affirmer que l’état d’Israël a un avenir radieux, tout en humiliant et en massacrant quand il le jugera nécessaire le peuple Palestinien.

Mais le couperet est tombé avec l’accord de réconciliation nationale conclu entre le Hamas et le Fatah le 27 Avril dernier au Caire ; même si le chemin est encore long, l’unité politique et la création d’un état sont à nouveau envisageables.

En Palestine, il n’y a de défaite que par la division. Tout pas vers l’unité de la résistance palestinienne est donc une victoire.

 

Vive la résistance Palestinienne ! Luttons pour son unité !


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