Chers amis, Chers
camarades,
Au nom
de la Coordination Communiste, je veux vous remercier pour votre
présence ce matin du 8 mai, ici en ce cimetière
militaire d’Haubourdin où sont rassemblés plus de
200 tombes de soviétiques morts sur le sol français
entre 1940 et 1945 pour la défaite du nazisme et la libération
de la France de l’occupation nazie. Je veux remercier aussi la
présence, à nouveau cette année, du Comité
du Nord de l’Association France-Russie, d’un représentant
de l’Ambassade de Russie, ainsi que les organisations qui ont
répondu à notre appel.
Pour la
Coordination Communiste, venir ici chaque année le 8 mai,
depuis plus de 15 ans, c’est rendre hommage à des hommes
oubliés, morts loin de leur patrie, qui ont participé à
la Résistance française antifasciste. C’est aussi
bien sûr, à travers eux, rendre hommage à la
contribution décisive de l’Union Soviétique à
la victoire des peuples contre le nazisme.
Qui
étaient donc ces citoyens soviétiques enterrés
ici sur notre sol, dont aucun manuel d’histoire ne nous parle ?
Pour
l’essentiel, ces tombes sont celles de prisonniers militaires
de l’Armée Rouge mais aussi civils requis, capturés
par les Allemands sur le front de l’Est et transférés
ici en France pour servir de main d’œuvre notamment dans
les mines et usines sidérurgiques et pour participer à
la construction du Mur de l’Atlantique ou à d’autres
ouvrages défensifs.
Les
premiers prisonniers de guerre soviétiques sont amenés
en France pour des travaux forcés à partir de 1942. Dès
la mi-1942, 5 000 prisonniers de guerre sont ainsi rassemblés
dans le Nord-Pas-de-Calais. Entre 1943 et 1944, on dénombre
environ trente à quarante mille citoyens soviétiques
rassemblés dans près de 200 camps en France.
Il
s’agissait d’une main d’œuvre gratuite.
Environ 7 300 soviétiques ont ainsi travaillé dans les
mines du Nord-Pas-de-Calais. Beaucoup aussi en proportion,
signalons-le, dans les mines de fer et de charbon de Lorraine où
ils pouvaient représenter là-bas jusqu’à
la moitié des effectifs des mines, travaillant jours et nuits.
C’est parmi ces prisonniers de guerre-travailleurs esclaves,
quand ils purent s’échapper, que l’on trouve la
force motrice des bataillons de résistants soviétiques
combattants en France avec la Résistance française.
Ces
tombes sont celles, aussi, de populations civiles venant des
territoires conquis par les Allemands, essentiellement d’Ukraine
et de Biélorussie, civils mobilisés de force à
partir du second semestre de 1942 et déplacés en
France, parqués dans des conditions difficiles au camp de
Beaumont-en Artois par exemple, dans le Pas-de-Calais, et astreints à
travailler dans les mines, contre une rémunération
ridicule puisque pour eux, il fallait faire croire à la
fiction qu’ils étaient des travailleurs « libres ».
Nombre d’entre eux s’enfuirent pour rejoindre la
Résistance.
Ces
tombes sont celles, enfin, on y pense moins, de déserteurs des
troupes auxiliaires que la Wehrmacht avait constitués sur le
front de l’Est en incorporant, au fur et à mesure de son
offensive en 1941-1942 des milliers de soviétiques regroupés
par nationalités. Pendant l’hiver 1942, 200 000
auxiliaires furent ainsi recrutés parmi 5 millions de
prisonniers de guerre soviétiques faits par les nazis sur le
front russe. Avec l’avance rapide de l’Armée Rouge
en 43-44, Hitler décida de remplacer les divisions allemandes
stationnées sur la côte atlantique et au bord de la Mer
du Nord par ces « bataillons de l’Est »,
à cause des trop nombreuses désertions de ces derniers
sur le front de l’Est. Beaucoup vont travailler aux
fortifications de la côte. On estime qu’en juin 1944, la
force russe stationnée en France constitue jusqu’à
un dixième des forces d’occupation. Une vingtaine de
bataillons, des géorgiens, arméniens, tatars,
azerbaidjanais, des unités ukrainiennes. Saluons le courage
des militants qui ont travaillé au péril de leur vie
comme Ivan Trojan pour mener la bataille idéologique en
direction de ces soviétiques enrôlés de forces
dans la Wehrmacht, avec des succès remarquables, les
désertions étant de plus en plus nombreuses et venant
renforcer les rangs des FTP. Alexis Kotchetkov, militant communiste
russe immigré, ancien des Brigades Internationales, fut le
responsable de ce travail dans la région du Nord à
partir du début 1944.
Cette
Résistance des Soviétiques en France fut encadrée
par des organismes fondés par des militants communistes en
1943 : « l’Union des patriotes russes »,
fondé par Georges Chibanov, qui regroupait des émigrés
russes antifascistes encadrés par le PCF, et qui deviendra à
partir d’octobre 1943 la section russe de la MOI sous
l’impulsion du colonel FTP et dirigeant de la MOI Gaston
Laroche (de son vrai nom Boris Matline, lui-même immigré
d’origine russe); puis le Comité Central des Prisonniers
de Guerre Soviétiques, fondé en décembre 1943
par Chibanov et Laroche, qui coordonnera tout le travail en direction
des prisonniers, civils requis, et autres troupes vlassoviennes.
Quant à
la première organisation clandestine de prisonniers de guerre
soviétiques, elle fut créée dès octobre
1942 dans le camp de Beaumont-en-Artois dans le Pas-de-Calais. On
l’appela « Groupe de Patriotes Soviétiques ».
Les initiateurs – officiers de l’Armée Rouge ayant
réussi à s’évader - avaient pour noms :
Marc Slobodinski, Alexandre Tcherkassov, Alexis Krylov, Boris
Chapine, Vassili Adoniev. A l’automne 1943 après son
évasion s’y joignit le lieutenant de l’Armée
Rouge Wasil Porik, fait prisonnier à l’Est et transféré
en France en février 1943, qui deviendra le chef des partisans
russes FTP du Bassin Minier, commandant du détachement
« Staline ». A l’échelle
nationale, 20 Comités clandestins étaient actifs un peu
plus d’un an plus tard, en janvier 1944. Outre les évasions
de prisonniers, leur tâche consistait à mener des actes
de sabotage de la production, puisque ces prisonniers étaient
avant tout des travailleurs.
Les
évasions des prisonniers soviétiques ont permis de
former des détachements de partisans, partout sur le
territoire français, faisant la liaison avec les FTPF. A la
dernière étape de la libération de la France,
jusque 10 000 Soviétiques formaient 55 détachements,
sans compter les centaines de soviétiques intégrés
dans des détachements soviéto-français ou
internationaux. Un millier de partisans soviétiques ont
participé à la libération de Paris. Dans le
Nord-Pas-de-Calais, 10 détachements soviétiques ont
combattu les occupants. Ces héros ont contribué à
notre libération. Ils ont été l’expression
vivante de l’alliance libre des peuples libres qu’a
signifié l’alliance antifasciste contre le nazisme.
Chers
amis, Chers camarades,
Au-delà
de ces combattants soviétiques morts en France, il faut rendre
hommage bien sûr, en ce 8 mai, à l’URSS elle-même,
qui a perdu 25 millions de ses enfants dans cette grande boucherie de
la deuxième guerre mondiale déclenchée par le
fascisme hitlérien. C’est le pays qui a payé le
plus lourd tribut à cette folie meurtrière déclenchée
par les éléments les plus réactionnaires et les
plus chauvins du capitalisme financier allemand pour écraser
le mouvement ouvrier et assurer la domination de ces monopoles.
Peut-on
imaginer : 1 soviétique sur 7 a perdu la vie au cours de
la guerre ! 25 millions de morts. 70 000
villes, cités et villages ont été détruites,
ainsi que 98 000 fermes collectives.
Personne
ne peut oublier ce peuple martyr. Personne ne doit oublier non plus
l’apport décisif de l’URSS et de son Armée
Rouge dans la victoire contre le nazisme :
85% des
divisions militaires de l’Allemagne hitlérienne ayant
participé aux différents fronts de la guerre ont été
détruites par l’Armée Rouge : 670 sur 793.
L’Armée Rouge a détruit 75% des avions allemands,
des pièces d’artillerie et des blindés. 80% des
victimes allemands l’ont été sur le front
germano-soviétique, soit 3 millions de soldats.
C’est
l’Armée Rouge qui a brisé l’armée
nazie et qui a fourni l’effort principal pour la libération
de l’Europe et donc de la France. Et jusqu’au bout :
même après le débarquement de Normandie –
ce second front tant attendu par les Soviétiques pour les
soulager un peu de l’effort principal qu’ils supportaient
depuis 1941 – même après ce débarquement,
l’Allemagne avait 60 divisions mobilisées à
l’Ouest en France et en Italie, mais devait maintenir 235
divisions à l’Est contre la pression gigantesque exercée
par l’Armée Rouge.
Ce rôle
essentiel de l’URSS était reconnu à l’époque.
Churchill eut ce mot : « C’est l’Armée
Rouge qui a tordu les tripes de la machine de guerre nazie ».
En juin 45, le New York Herald Tribune américain écrivait
: « l’Armée Rouge a été de
fait l’armée qui a libéré l’Europe
et la moitié de notre planète en ce sens que sans elle,
et sans les immenses sacrifices consentis par le peuple russe, la
libération du joug cruel du nazisme aurait été
tout simplement impossible ».
En
France, le Général De Gaulle déclarait alors :
« Les Français savent ce qu’a fait la
Russie soviétique et savent que c’est elle qui a joué
le rôle principal dans leur libération ».
Aujourd’hui toutefois, ils le savent moins et nous devons
d’autant plus rappeler ces vérités historiques.
Sur l’amnésie prospère le révisionnisme
historique.
Ils le
savent d’autant moins qu’aujourd’hui avec la
Russie, comme hier avec l’URSS, une véritable « guerre
froide » idéologique et politique est menée
par les Etats-Unis et leurs alliés d’Europe. La Russie
de Vladimir Poutine, même non-communiste, mais qui mène
une politique souveraine et indépendante de Résistance
face au rouleau compresseur des grandes puissances impérialistes,
reste un adversaire et potentiellement un ennemi.
La
Coordination Communiste salue le courage de Jean-Luc Mélenchon
qui a choisi de se rendre à Moscou pour fêter la
victoire contre le nazisme, en affirmant haut et fort qu’il y
allait pour, « montrer qu’il existe une forme de
fraternité et de sympathie active. (…) Les Russes sont
nos partenaires ». Il participera demain, 9 mai, à
la marche du Régiment immortel : les participants
défilent dans les rues de Moscou et d’autres villes en
brandissant les photos de leurs parents ayant participé à
la Seconde Guerre Mondiale. Mais plus largement, sa démarche
vise, selon ses propos, à « rompre l’atmosphère
de guerre froide avec la Russie qui a été mise en place
par les idéologues nord-américains ». Et
pour enfoncer le clou, il a affirmé nettement un
positionnement trop rare à gauche : « je ne
crains pas qu’on me reproche mon anti-atlantisme : je suis
un anti-atlantiste qui prône la sortie de l’Otan. Les
Etats-Unis sont en train de nous entraîner dans de nouvelles
guerres ». Nous soutenons ces propos et formons le
vœu, ici, devant ces tombes des soldats de la paix, qu’un
vaste mouvement de la paix renaisse, adossé au principe du
respect de la souveraineté des peuples et pour le retrait de
la France de l’alliance agressive otanienne, comme, d’ailleurs,
des autres structures militaires pan-européennes.
Chers
amis, Chers camarades,
Oui, l’heure est
à la vigilance, vigilance contre l’agressivité
redoublée des grandes puissances impérialistes,
Etats-Unis en tête, mais avec une France macronienne qui lui
emboîte le pas comme l’a montré les bombardements
scandaleux sur la Syrie ; vigilance contre la résurgence
de la bête immonde en Europe et qui pousse à la
constitution d’une Europe forteresse. L’opération
montée par Génération Identitaire dans les
Alpes, à grands frais d’ailleurs, avec location
d’hélicoptère (qui paie ?) est là
pour nous rappeler que ceux qui veulent faire bégayer
l’Histoire sont bien là, se sentent suffisamment
décomplexés. D’un côté ils jouent à
la chasse à l’Homme quasiment sous les applaudissements
de Gérard Collomb, d’un autre ils s’en prennent
physiquement aux étudiants en lutte ou lancent des menaces
contre des députés progressistes. Ces milices fascistes
doivent être dissoutes.
L’aggravation
de la crise du capitalisme fait vaciller des vies et vaciller des
consciences, pour le plus grand bénéfice de cette
minorité qui tire les marrons du feu et qu’incarne si
bien l’homme de la « start-up nation »,
celui dont le sobriquet de « Président des riches »
colle si bien à la peau, le roitelet Macron : diviser le
peuple pour mieux régner est une pratique vieille comme le
monde. Face à cela, nous n’avons pas d’autre choix
que d’unir le peuple au-delà des ces différences,
religieuses ou ethniques, dans un projet inclusif ayant pour objectif
d’écarter les semeurs de haine et ceux qui s’accaparent
nos richesses, et, bien sûr, nous n’avons pas d’autre
choix que de sans cesse rappeler l’Histoire.
Dans ce
cimetière d’Haubourdin, soviétiques ici,
tirailleurs des troupes coloniales là-bas, des centaines de
jeunes gens sont morts en luttant contre le fascisme, pour que plus
jamais la bête immonde ne surgisse de ce ventre fécond
qu’est ce système capitaliste en putréfaction.
Nous ne pouvons pas être amnésiques. Nous devons nous
inspirer du courage de ceux qui nous ont précédés.
Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants.
Nous
nous inclinons devant l’héroïsme de ces partisans
soviétiques, morts loin de leur patrie pour la libération
de l’humanité du joug nazi. Honneur aux combattants
soviétiques !
DISCOURS
D’HOMMAGE AUX « TIRAILLEURS » DES TROUPES
COLONIALES
Chers
amis, chers camarades,
La
Coordination Communiste est ici, dans ce cimetière militaire,
tous les ans le 8 mai, pour rendre un double hommage : d’une
part aux soviétiques, oubliés de tous, qui ont combattu
ici dans la Résistance et ont payé de leur vie ;
d’autre part, avec vous les sans-papiers, pour rendre hommage à
ces autres oubliés, les ‘tirailleurs’, ces soldats
originaires des colonies de l’empire français, qui ont
participé activement à la lutte dans les rangs de
l’armée française au cours des combats de la
seconde guerre mondiale contre le fascisme hitlérien.
178 000
Africains et Malgaches et 320 000 Maghrébins ont été
appelés au combat dès 1939-1940, et souvent placés
en première ligne lors des combats de mai-juin 1940, quand
l’armée française en déroute faisait face
à l’avancée des troupes allemandes. Ils l’ont
chèrement payé : sur un total de 60 000
militaires français tués pendant l’invasion, un
tiers appartiennent à ces troupes coloniales.
Après
juin 1940, Pétain signant l’armistice avec l’Allemagne
nazie, une nouvelle armée française – celle de la
France libre - va être reconstituée par De Gaulle pour
continuer le combat : les ‘tirailleurs’ vont être
le fer de lance de cette nouvelle armée reconstituée
pour une large part en Afrique. Ils seront de toutes les batailles,
en Italie, lors du débarquement de Provence en août
1944, en franchissant les premiers le Rhin en 1945. A la fin de la
guerre, dans la 1ère armée du Général
de Lattre de Tassigny, sur 550 000 hommes, on comptait 134 000
Algériens, 73 000 Marocains, 26 000 Tunisiens et
92 000 ressortissants d’Afrique Noire, soit 60% de cette
1ère armée.
Par
ailleurs, dans la Résistance intérieure, les
ex-tirailleurs étaient également présents :
5 000 Africains, évadés des camps de prisonniers
allemands, ont rejoint les rangs des FFI. Sans oublier bien sûr,
tous ces militants immigrés, souvent déjà
engagés avant-guerre, qui ont poursuivi la lutte dans la
Résistance.
Tels
étaient les hommes qui, hier, ont lutté pour notre
liberté et dont certains sont morts dans ce combat. Personne
ne peut l’oublier, personne ne doit l’oublier.
Nous
voulons d’autant plus nous souvenir, nous militants du camp des
travailleurs et du progrès social, que la France officielle,
elle, a fait le choix de la non-reconnaissance réelle de leur
apport. Il est vrai que dès le 8 mai 1945, la victoire
acquise, l’heure n’était déjà plus à
la reconnaissance mais à la répression : en
Algérie, à Sétif, Guelma, Kherrata et dans tout
le Constantinois, la France se retourna contre ceux qui venaient
réclamer leur part de liberté. En mars 1947, les
Malgaches subiront eux-aussi les foudres de la répression
coloniale. Quelques mois plus tôt, en novembre 1946, les obus
français s’étaient abattus sur Haiphong, prélude
de la guerre d’Indochine.
Chers
amis, chers camarades,
Hier,
dans la Résistance militaire pour la libération de la
France, nous avons lutté ensemble, au-delà de nos
origines, de notre couleur de peau, de nos religions !
Aujourd’hui, contre l’exploitation capitaliste et pour
les droits démocratiques, pour l’unité de la
classe ouvrière et du peuple, nous continuons le combat
ensemble !
Un
combat d’autant plus vital que l’aggravation de la crise
du capitalisme fait vaciller des vies et vaciller des consciences, et
que les semeurs de haine au service des maîtres temporaires du
jeu sortent de leur trou. L’opération montée par
Génération Identitaire dans les Alpes, à grands
frais d’ailleurs, avec location d’hélicoptère,
est là pour nous rappeler que ceux qui veulent faire bégayer
l’Histoire sont là, se sentent suffisamment décomplexés.
Ils jouent à la chasse à l’Homme quasiment sous
les applaudissements de Gérard Collomb, et se prennent en
photo pour les réseaux sociaux comme des chasseurs fiers de
poser avec à la main le scalp de leur gibier. Ces milices
fascistes doivent être dissoutes !
La
Coordination Communiste soutient la marche « citoyenne et
solidaire » partie le 30 avril symboliquement de la
frontière italienne à Vintimille, où les
migrants sont bloqués : marche de 1400 km en solidarité
avec les migrants qui doit les mener jusqu’à Douvres
voire Londres le 8 juillet, via Calais et Lille le 1er
juillet. Le projet de loi asile-immigration suscite des réactions
jusque dans le camp du gouvernement, donc Macron veut couper court et
a décidé de l’adoption par la procédure
dit d’urgence, avec donc un vote définitif sans doute
après la mi-juin : l’occasion de redoubler
d’efforts dans la démonstration du caractère
liberticide de cette loi de non-accueil !
Hier,
comme aujourd’hui et demain, les sans-papiers sont des êtres
humains, pas des marchandises ! Les tirailleurs ont versé
leur sang pour la France, une France ouverte et plurielle. C’est
cette France qu’ils ont défendue, c’est cette
France que nous défendons. Souvenons-nous !
Souvenons-nous
aussi, de ces Français qui hier ont lutté à vos
côtés pour le maintien de l’unité de la
classe ouvrière et du peuple, au-delà des différences
d’origines ou de religions. Il y a 5 ans aujourd’hui,
notre camarade Suzanne, militante de la Coordination Communiste,
Suzanne la « mamie » des sans-papiers nous
quittait. Un exemple d’engagement pour tous : dès
l’âge de 13 ans en 1936, elle faisait du porte-à-porte
pour diffuser les appels à la solidarité avec l’Espagne
Républicaine et les brigades internationales en résistance
armée contre le fascisme franquiste
et ses alliés Hitler et Mussolini. Engagement poursuivi
aux côtés de son mari Luigi, communiste italien réfugié
en France pour échapper à la persécution des
fascistes, avec lequel elle militera sous l’occupation, et avec
lequel elle mènera – après la guerre - un long
combat auprès des travailleurs immigrés, combat qui
n’aura jamais cessé, avec le CSP, jusqu’au bout.
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