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Retourner à la liste Imprimer 2018_01_12_eolane.pdf Jan 2018
Eolane Roncq (59): Protéger l'emploi c'est nationaliser, pas brader aux licencieurs!

Le fleuron français de l’électronique de pointe EOLANE (ex-Thalès), qui travaille notamment pour le ferroviaire et la défense militaire, et dont l’une des usines se situe à Roncq, va fermer ses portes d’ici 2020, laissant sur le carreau 135 salariés ! 2 autres sites en France sont aussi concernés par des fermetures.

Pourtant... 25 millions et demi d’euros de chiffre d’affaire en 2016 sur le site de Roncq, des ouvriers hautement qualifiés, un carnet de commandes bien rempli….  c’est donc la destruction sèche de « forces productives » (hommes et machines), dans le seul but d’augmenter le profit immédiat du nouvel actionnaire fraichement arrivé avec en partie des Fonds publics.

Les résultats des ordonnances Macron pour faciliter les licenciements ne se font pas attendre ! Cette blitzkrieg du nouveau gouvernement des riches contre le Droit du Travail, ce sont  donc de telles mesures, dont on va subir très vite les effets dévastateurs pour tous les ouvriers et salariés. Les actionnaires n’attendent que cela pour satisfaire leurs appétits.

Les attaques décomplexées du capitalisme financier dominateur, parasite et destructeur, contre le travail seul créateur de richesse, ne doivent pas rester sans réaction forte. 
Les travailleurs d’Eolane s’organisent déjà  pour sauver leur gagne-pain. Mais leur combat est le nôtre, d’une part parce que c’est nous tous qui subirons si l’on ajoute encore plus de chômage et donc de misère chez les travailleurs; d’autre part parce qu’on ne peut laisser détruire un tel outil industriel d’électronique de pointe (élément stratégique de la souveraineté d’un pays) sauf à vouloir ne laisser en France que du tourisme et des centres commerciaux !

Il faut que le gouvernement garantisse le maintien des emplois et de l’outil de production, en procédant à la « nationalisation » d’Eolane: elle doit devenir une entreprise publique au service de tous, hors de la gestion de ses actionnaires affairistes. Cela a déjà eu lieu par le passé, cela doit l’être demain !

Pourquoi le capitalisme détruit-il l’outil de production et l’emploi ?

Le travailleur ne récupère pas la totalité de la valeur des richesses qu’il produit par sa force de travail : une part se retrouve dans son salaire, une autre part sert à rémunérer les patrons et actionnaires.

Ce vol permet au patron de réaliser une plus-value croissante, qu’il peut maximiser, puisque tel est son but (faute de quoi l’entreprise coulera face à la concurrence) en tirant notamment à la baisse sur les salaires (ou en augmentant le temps de travail à salaire constant). Mais à terme, la consommation des produits, du fait de l’augmentation de la production et de la concurrence sur le marché, ne suit plus et les profits importants au départ deviennent de moins en moins importants jusqu’à plafonner.

Les financiers qui dominent le capital, et qui s’intéressent bien plus à la vitesse d’accroissement des profits dans les différentes branches du marché international qu’à l’utilité ou à la qualité des marchandises produites, vont alors abandonner les secteurs où ponctuellement les profit ralentissent pour investir leurs dividendes sur des marchés plus juteux à l’instant T. Comme ces flux financiers ne sont pas contrôlés par l’Etat et répondent à « l’anarchie de la production » (surproduction chronique liée à la nécessité de maximiser les profits plutôt que satisfaire une demande des consommateurs), des usines ferment régulièrement, même quand elles ne sont pas en difficulté financière, pour la seule raison que les financiers ont décidé unilatéralement qu’ils investiraient désormais ailleurs.

La destruction des forces productives (licenciements et abandon de l’outil industriel) est consubstantielle au capitalisme qui vit des crises de surproduction de plus en plus longues et de plus en plus graves.



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