Le
fleuron français de l’électronique de pointe
EOLANE (ex-Thalès), qui travaille notamment pour le
ferroviaire et la défense militaire, et dont l’une des
usines se situe à Roncq, va fermer ses portes d’ici
2020, laissant sur le carreau 135 salariés ! 2 autres sites en
France sont aussi concernés par des fermetures.
Pourtant...
25 millions et demi d’euros de chiffre d’affaire en 2016
sur le site de Roncq, des ouvriers hautement qualifiés, un
carnet de commandes bien rempli…. c’est
donc la destruction sèche de « forces productives »
(hommes et machines), dans le seul but d’augmenter le profit
immédiat du nouvel actionnaire fraichement arrivé avec
en partie des Fonds publics.
Les
résultats des ordonnances Macron pour faciliter les
licenciements ne se font pas attendre ! Cette blitzkrieg du nouveau
gouvernement des riches contre le Droit du Travail, ce sont
donc de telles mesures, dont on va subir très vite les effets
dévastateurs pour tous les ouvriers et salariés. Les
actionnaires n’attendent que cela pour satisfaire leurs
appétits.
Les
attaques décomplexées du capitalisme financier
dominateur, parasite et destructeur, contre le travail seul créateur
de richesse, ne doivent pas rester sans réaction forte.
Les travailleurs d’Eolane s’organisent déjà
pour sauver leur gagne-pain. Mais leur combat est le nôtre,
d’une part parce que c’est nous tous qui subirons si l’on
ajoute encore plus de chômage et donc de misère chez les
travailleurs; d’autre part parce qu’on ne peut laisser
détruire un tel outil industriel d’électronique
de pointe (élément stratégique de la
souveraineté d’un pays) sauf à vouloir ne laisser
en France que du tourisme et des centres commerciaux !
Il
faut que le gouvernement garantisse le maintien des emplois et de
l’outil de production, en procédant à la
« nationalisation » d’Eolane: elle doit
devenir une entreprise publique au service de tous, hors de la
gestion de ses actionnaires affairistes. Cela a déjà
eu lieu par le passé, cela doit l’être demain !
Pourquoi
le capitalisme détruit-il l’outil de production et
l’emploi ?
Le
travailleur ne récupère pas la totalité de la
valeur des richesses qu’il produit par sa force de travail :
une part se retrouve dans son salaire, une autre part sert à
rémunérer les patrons et actionnaires.
Ce
vol permet au patron de réaliser une plus-value croissante,
qu’il peut maximiser, puisque tel est son but (faute de quoi
l’entreprise coulera face à la concurrence) en tirant
notamment à la baisse sur les salaires (ou en augmentant le
temps de travail à salaire constant). Mais à terme, la
consommation des produits, du fait de l’augmentation de la
production et de la concurrence sur le marché, ne suit plus et
les profits importants au départ deviennent de moins en moins
importants jusqu’à plafonner.
Les
financiers qui dominent le capital, et qui s’intéressent
bien plus à la vitesse d’accroissement des profits dans
les différentes branches du marché international qu’à
l’utilité ou à la qualité des marchandises
produites, vont alors abandonner les secteurs où
ponctuellement les profit ralentissent pour investir leurs dividendes
sur des marchés plus juteux à l’instant T. Comme
ces flux financiers ne sont pas contrôlés par l’Etat
et répondent à « l’anarchie de la
production » (surproduction chronique liée à
la nécessité de maximiser les profits plutôt que
satisfaire une demande des consommateurs), des usines ferment
régulièrement, même quand elles ne sont pas en
difficulté financière, pour la seule raison que les
financiers ont décidé unilatéralement qu’ils
investiraient désormais ailleurs.
La
destruction des forces productives (licenciements et abandon de
l’outil industriel) est consubstantielle au capitalisme qui vit
des crises de surproduction de plus en plus longues et de plus en
plus graves.
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