Le second tour de la
présidentielle a permis d’écarter momentanément
par les urnes la menace fasciste et a vu l'arrivée au pouvoir
du candidat du moment de l'oligarchie. L'écart important entre
le score au premier tour du président eurocrate du CAC40 et
son score au second tour, ajouté à la forte abstention
et au niveau élevé des votes blancs, montrent que
Macron a été élu par défaut.
Le
premier tour se caractérise par la percée de Jean-Luc
Mélenchon à près de 20% et 7 millions de voix.
Il est l’expression dans les urnes du rejet massif des
politiques libérales (dont les luttes du printemps 2016 contre
la loi El Khomri ont été l’une des expressions
récentes), du rejet du fascisme, des guerres et de
l’opposition des masses laborieuses à l’UE dans la
continuité des combats depuis la victoire du NON au référendum
sur le Traité Constitutionnel Européen. Ce premier
tour, avec l’élimination de LR et du PS, annonce aussi
l’ébranlement du système de l'alternance
bourgeoise bipolaire sous la Vème République
monarchiste et le besoin qu'émerge une alternative populaire
au libéralisme prédateur et au fascisme.
Les
enjeux des législatives apparaissent ainsi clairement :
·
Le banquier-président cherche à parachever sa victoire
présidentielle par une majorité de députés
qui lui permettrait d'imposer son programme libéral et
eurocrate destructeur qui fera le lit du fascisme.
·
Les deux partis LR et PS affûtent déjà leurs
armes pour prendre leur revanche sur la défaite cinglante que
le peuple vient de leur infliger dans les urnes. Chassés par
la porte, ils rêvent de revenir par la fenêtre.
·
Le parti fasciste, le FN, projette aussi d'envahir le Parlement comme
perchoir pour préparer sa quête de pouvoir présidentiel
dans cinq ans.
·
La tâche qu'impose cette situation à notre camp
antilibéral, antifasciste, antiguerre et eurocritique est
d'obtenir le maximum de députés pour que résonnent
au Parlement les échos des luttes sociales et populaires
contre les diktats libéraux et guerriers du gouvernement
anti-populaire.
Le
premier tour de la présidentielle a ouvert la voie à
une recomposition politique sans et contre le PS social-libéral
et eurocrate. Le parti-mouvement de Macron cherche à prendre
la place tenue d'antan par le PS en y associant la droite centriste
libérale et eurocrate.
La
droite LR cherche par sa revanche aux législatives à
limiter cette recomposition politique, pour imposer une cohabitation
à l'allemande entre président et gouvernement,
c’est-à-dire une coalition politique entre parti
présidentiel et parti majoritaire au Parlement (En Marche /
LR).
Les
fascistes veulent apparaître, par le nombre de leurs députés,
comme la « seule » opposition au Parlement en y
développant leur démagogie sociale pour camoufler leur
nature politique et leur programme euro-compatible, en détournant
la colère du peuple contre les étrangers, les immigrés,
les Rroms, les musulmans.
Nous
ne pouvons pas et ne devons pas, parce que divisés, laisser
s'opérer ces scénarios que seule l'unité peut
permettre de déjouer.
Notre
camp antilibéral, antifasciste, antiguerre et eurocritique
forgé par la victoire du NON au TCE et fort de ses 7 millions
de voix n'a pas d'autre choix possible que l'unité par des
candidatures uniques partout pour contrecarrer les plans funestes
anti-populaires des libéraux (En Marche, LR, PS) et des
fascistes.
La
résistance sociale et démocratique à la broyeuse
libérale visant à en finir avec les conquis du Conseil
National de la Résistance (CNR) aura besoin d'appuis et de
relais au sein de l'Assemblée Nationale capables de démasquer
la démagogie trompeuse du parti fasciste.
Voilà
pourquoi pour ces élections législatives :
- nous
regrettons les divisions irresponsables entre le Parti de
Gauche/France Insoumise (PG/FI) et le Parti Communiste Français/Front
de Gauche (PCF/FdG) ; la division au premier tour des
législatives va rendre plus difficile l’accès au
second tour ;
-
nous soutenons les candidatures qui sont portées de façon
unitaire par la FI et le FdG, y compris les candidatures FI seule ou
FdG seul qui font suite à des retraits de l’un ou de
l’autre ;
- à
défaut d’entente, nous demandons malgré tout à
nos militants et sympathisants de mener la campagne là où
ils/elles sont déjà engagés, que ce soit dans
les groupes d'appuis de la France Insoumise ou dans le Front de
Gauche.
Plus que jamais nous
nous démarquons des querelles de chapelles, de part et
d'autre, et appelons, à défaut de candidats communs
dans chaque circonscription, à sceller un pacte de
non-agression dans la campagne, et d’appel à voter
pour celui des deux candidats qualifiés au second tour.
A
l’Assemblée Nationale, les députés de
l'alliance populaire antilibérale, antifasciste, antiguerre et
eurocritique, qu’ils soient « France Insoumise »
ou « Front de Gauche », devront travailler
ensemble dans l’intérêt du peuple et des luttes
dont ils seront le relais, et devront siéger dans un même
groupe parlementaire.
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