Avec 41% des voix au
premier tour contre 25 % pour la liste UMP/Les Républicains,
soit 16 points d’avance, le FN est en mesure aujourd’hui
d’emporter la Région s’il n’y a pas
suffisamment de suffrages venant d’électeurs de gauche
qui se reportent sur Xavier Bertrand.
Certes la situation
est plus favorable que si le PS avait maintenu sa liste, mais l’écart
du 1er tour est tel que rien n’est gagné.
L’heure est donc
grave. Grave pour la région certes, mais pour tout le pays en
réalité, car notre région n’est qu’un
marchepied pour Marine Le Pen, un instrument de crédibilisation,
de légitimité renforcée pour les élections
présidentielles futures, qui sont l’élection
centrale en France.
Malheureusement la
bourgeoisie, les médias, les partis du système (UMP et
PS) ont tellement travaillé depuis 20 ans à la
banalisation du FN que beaucoup ne perçoivent plus que le FN
est un parti fasciste, le considérant guère différent
de la droite dure classique.
Tous ceux qui à
gauche (et donc en premier lieu au Parti Socialiste) ont intérêt
à faire croire à une différence de fond entre
droite et gauche social-démocrate (au rebours de l’expérience
des masses qui voient concrètement qu’il ne s’agit
que de deux versions de la gestion du système capitaliste),
tous ceux-là gomment à l’inverse la différence
qualitative entre droite dure (incarnée ici par Xavier
Bertrand) et le Front National fasciste. Certes les 50 %
d'abstentionnistes tout comme les travailleurs qui se trompent en
votant FN expriment leur ras le bol du programme unique libéral
de la droite et du PS dicté par l'Union Européenne.
Pourtant le FN, c’est
l’idéologie la plus réactionnaire, la plus
chauvine, la plus raciste, la plus islamophobe, la plus sexiste, la
plus anti-ouvrière. C’est la réaction
démultipliée, violente contre tout ce qu’il y a
de progressiste dans la société : pour les
violences policières, les violences racistes, la répression
antisyndicale ! Toutes les digues de protection sociale et
démocratique gagnée par le monde du travail sauteraient
immédiatement, l’agression serait permanente. Le FN au
pouvoir, c’est la division des travailleurs sur des bases
racistes, culturelles, religieuses, c’est l’étouffement
du mouvement ouvrier. Toute résistance serait rendue encore
plus difficile qu’elle ne l’est déjà
aujourd’hui sous le règne des partis de l’alternance
UMP / PS. Le FN au pouvoir, c’est la haine de l’autre
légalisée, c’est la suspicion généralisée
avec la délation érigée en mode de contrôle
de la population; c’est la violence légalisée des
milices qui agissent aujourd’hui dans l’ombre, c’est
la systématisation de la terreur et de la répression
contre les mouvements progressistes. C’est aussi, au nom du
« choc des civilisations » qui est au cœur
de leur programme (camouflage idéologique pour le pillage des
peuples), le choc de la guerre permanente contre les autres peuples,
là-bas et ici. C'est ainsi la provocation en retour d'un 13
novembre permanent.
Ce dimanche 13
décembre, ce qui se joue, ce n’est pas la lutte finale
contre le fascisme. Pour en finir avec ce monstre, il faut s’en
prendre aux causes – cette société capitaliste de
misère et de guerre – et aux responsables qui gèrent
le système en se passant le pouvoir l’un l’autre
depuis 30 ans (UMP/Républicains et PS) ; il faut aussi
réussir enfin à faire émerger un pôle de
résistance populaire à ce système, une
alternative réelle, menée par un mouvement communiste
qui a clarifié ses positions (pour la rupture avec le carcan
de l’euro et de l’Union Européenne, pour la
rupture avec les partis gestionnaires du système tel que le
PS, pour le développement d’un mouvement contre les
guerres impérialistes et de soutien aux forces de paix dans
les pays résistants, pour l’unité du peuple
contre toutes les discriminations racistes et religieuses, etc..).
Dimanche 13, en
bloquant Marine Le Pen par notre bulletin de vote, il s’agit
simplement de freiner cette course au pouvoir du fascisme, il s’agit
pour nous de gagner du temps pour mieux nous organiser.
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