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Retourner à la liste Imprimer 2014_02_12_ukraine.pdf Fév 2014
UE et USA hors d'Ukraine!

Les drapeaux oranges ne sont plus à la mode mais l’Ukraine ressemble à celle de la « révolution orange » menée à l’époque par les « champions de la démocratie et de la liberté » Ioutchenko et Timochenko (dixit les médias européistes et atlantistes) contre « l’impérialisme russe ». « Révolution » dont on sait depuis, notamment, le documentaire de Manon Loizeau « Les Etats-Unis à la conquête de l'Est » visible sur Dailymotion, que la « spontanéité » a été organisée avec l’aide de la CIA.

Qui dirige « l’opposition » ukrainienne ?

Cette « opposition » actuelle est constituée de 3 partis : « Patrie », l’UDAR et « svoboda ». L’Union panukrainienne « Patrie » d’Arseni Iatseniouk est l’héritière du « Bloc Ioula Timochenko ». Que celle-ci soit une escroc notoire ne gène pas certains. Mais les écrits commencent à se libérer comme cet article de médiapart qui démontre que les accusations portées contre elles d’abus de pouvoir, d’abus de biens sociaux voire de meurtres reposent bel et bien sur des faits concrets et prouvés et que son procès n’était pas une simple opération politique. Que l’UE ait exigé sa libération dans ses négociations avec le gouvernement ukrainien montre que celle-ci n’a guère de scrupules dans le choix de ses alliés mais il est vrai que celle-ci a été troquée contre Ioutchenko en perte de vitesse par le suzerain de l’UE que sont les USA. Rappelons ici que Timochenko s’est alliée à des élections à svoboda.

L’UDAR (« coup de poing ») regroupe lui aussi des tenants « oranges » comme leur nouvelle hégérie des médias occidentaux le boxeur Vitali Klitschko. Ce résident permanent des États-Unis et de l’Allemagne déclare, comme l’a révélé le journal communiste ukrainien Vremia, la modique somme de 12 millions de dollars aux USA, pour lesquels il ne paie pas d’impôts, ce qui en fait un exilé fiscal (Cahuzac en héros de la démocratie en quelque sorte !). Et, surtout, l’UDAR est une officine allemande. En effet, Werner Jostmeier (membre de la CDU et représentant du groupe PPE au parlement européen) l’assume ouvertement : « Le Think-Tank Konrad Adenauer (die Konrad Adenauer Stiftung) de la CDU a donné à Klitchko pour mission de mettre sur pied un parti politique chrétien-conservateur. Son rôle en tant que chef du parti UDAR [...], il le prend très au sérieux. Nous lui souhaitons beaucoup de succès. ». Timochenko est donc le pion US tandis que Klitschko est le pion allemand.

Quant à svoboda (« liberté »), c’est un parti fasciste, allié du Front National (FN), dont le nom complet est « Parti National Socialiste d'Ukraine » qui se réclame héritière de « l’Organisation des nationalistes ukrainiens » (OUN) née en 1929 (ils reprirent temporairement l’ancien sigle qui est une swatiska nazi stylisé) dont une fraction créa une division Waffen SS « Galitchina » commémorée tous les 28 avril par ce parti. Ce 1er janvier, il organisa une manifestation de 25.000 néonazis à la gloire du chef de guerre fasciste Stepan Bandera, l’autre tendance de l’OUN qui se ‘’contenta’’ de s’allier à la Wermarcht... Mais les médias européistes ne qualifient ce parti que de « nationalistes » et non de néonazis. Cette opération a été rendue possible du fait que svoboda a été le cheval de Troie de la réhabilitation du fascisme dont une des manifestations a été la « condamnation des 2 totalitarismes » (fascisme et socialisme) par le Parlement européen en 2009, condamnation saluée par Svoboda comme une « victoire sur le bolchévisme ». De plus svoboda est la prolongation idéologique radicalisée de l’ancien leader et ex-président Ioutchenko. En effet, celui-ci initia la réhabilitation des ex-nazis ukrainiens. Notamment, il signa un décret en 2007 de réhabilitation officielle de Bandera et de l’OUN-UPA et de son chef militaire Choukhevitch. Cette position a provoqué des manifestations d’anti-fascistes réprimées dans l’indifférence des médias européistes et atlantistes. Ces décrets étaient le début de l’instauration d’un climat idéologique réactionnaire prétendant que « les fascistes ukrainiens étaient eux aussi ‘pro-européens’ ». Ioutchenko développa aussi (préparant le terrain à svoboda), un antisémitisme, une tziganophobie (rromophobie) et une russophobie exacerbés. Il n’y a rien d’étonnant que la percée de ce parti et son entrée au parlement ukrainien en 2012 coïncida avec la dégringolade de « Notre Ukraine » le parti de l’ancien pion US, soutenu par l’UE, Ioutchenko. Ce parti est celui qui fournit l’essentiel des troupes pour les coups de force fascistes.

C’est donc ce conglomérat de partis liés aux oligarchies ukrainiennes pro-européennes, européennes et étatsuniennes qui représentent « la démocratie et la liberté » pour les européistes et les atlantistes  : un club de supporters d’une escroc notoire relais des USA et de l’UE et une officine allemande dirigé par un exilé fiscal aux USA alliés à des fascistes!

Mouvement « pour la démocratie » ?

Les gouvernements depuis 1992, dont les « oranges », ont fait d’une république de l’URSS hautement développée un des pays les plus pauvres (PIB par habitants de 7.422 dollars contre, par exemple, 16.150 dollars pour sa voisine biélorusse), des plus corrompus (tous partis bourgeois confondus) et un peuple en voie d’extinction (7 millions d’habitants de moins depuis 1996).

Ainsi, aux dires mêmes de journalistes pro-opposition, à part sur la place Maidan et quelques rues avoisinantes et dans l’ouest (essentiellement en Galicie où svoboda représente 30 % de l’électorat) la vie en Ukraine se déroule normalement. Et, tous les appels à la grève générale ont été superbement ignorés par les travailleurs d’Ukraine. Les « oranges-bruns » ne mobilisent donc pas les masses populaires mais l’impopularité du gouvernement bourgeois actuel empêche leur nécessaire mobilisation contre ces « manifestants ».

Le mouvement dure mais du fait non d’un réel soutien intérieur mais du soutien extérieur notamment des impérialistes US et de l’UE dans le sillage de l’impérialisme allemand. Les multiples visites de Mc Cain, ex-candidat à la présidentielle des USA, de Kerry chef du département des affaires étrangères US et d’officiels allemands aux manifestants fascistes ukrainiens en sont les preuves éclatantes. Que dirait-on qu’alors qu’un groupe fasciste occupe violemment des bâtiments officiels français que des officiels Russes viennent les soutenir et que la Russie interdise au gouvernement français de faire respecter l’ordre public ?

Le parti communiste ukrainien a très vite récolté 4 millions de signatures (3 millions suffisent selon la constitution ukrainienne) pour exiger un referendum sur cet accord avec l’UE. Pourquoi les 3 partis de « l’opposition » n’acceptent-ils pas tout simplement l’organisation de celui-ci ? Craindraient-ils le résultat ? Il est donc clair que leur but réel n’a rien de démocratique.

Les objectifs des impérialistes : le pillage et la guerre

Ce qui se cache derrière l’agitation fasciste en Ukraine, c’est en réalité la volonté des USA et de l’UE  de poursuivre le démantèlement des ex-pays socialistes pour les piller et exploiter la main d’œuvre bien formée mais bon marché ukrainienne comme l’ex-Yougoslavie en a fait les frais à la fin des années90. L’Ukraine est aussi une étape vers l’encerclement de la Russie par l’OTAN. En effet, aucune offre d’adhésion à l’UE ne lui est réellement proposée et profitant que l’Ukraine ait besoin d’une aide de 20 milliards d’euros, l’UE, avec l’aval US, a voulu la contraindre à un accord prédateur digne des diktats libéraux et austéritaires imposés à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie et à Chypre. Le gouvernement ukrainien, qui recherchait jusque-là l’équilibre entre l’UE et de la Russie, a adopté une position en refusant l’accord avec la première et en acceptant la proposition de cette dernière d’aide immédiate de 11 milliards et de baisse d’un tiers du prix du pétrole. L’UE et les USA mènent donc, par pions interposés, une lutte pour la « liberté » oui mais de piller, de mettre un peuple aux ordres (quitte à utiliser le fascisme) dans le seul but de faire des profits et d’affaiblir la Russie qui contrarie objectivement leur rapacité impérialiste.

La violence fasciste qui se déploie actuellement en Ukraine n’est en réalité que l’expression de l’expansionnisme de l’UE et des USA impérialistes à la recherche du profit maximum pour sauver le capitalisme de la débâcle. Il s’agit là d’une des manifestations de la crise d’un système mondialisé en déroute qui broie les travailleurs ici, détruit leurs conquêtes sociales et mène la guerre ailleurs comme en Irak, Afghanistan, Yougoslavie, Libye, Côte d’Ivoire, Mali, Soudan, Centre-Afrique etc.

Plus que jamais à l’instar des communistes ukrainiens qui exigent un referendum sur l’UE, la question décisive est : l’Ukraine aux Ukrainiens sur la base de son droit à l’indépendance et à la souveraineté populaire.



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