Pourquoi allons-nous
soutenir le sociologue Saïd Bouamama et le musicien Saïd du
groupe Z.E.P, issus des quartiers populaires et ouvriers de Roubaix.
Ils viennent d’être
mis en examen par le Tribunal de Paris pour « injures
publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de
leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une race ou
une religion »
suite à une plainte de l’extrême droite blanche.
Le Juge aurait pu
classer cette affaire mais il a fait le choix d’ordonner ces
mises en examen. Avec cette décision, il a fait un autre
choix, celui d’offrir une tribune ouverte afin que nous
puissions dévoiler une réalité concrète
des quartiers et des masses populaires, et nous exprimer sur les
réalités concrètes de la Classe ouvrière
et des travailleurs de ce pays.
Ce pays, c’est
la France gauloise et rebelle, sacralisée comme le centre de
la mouvance « droit-de-l’hommiste
» par sa
devise « liberté-égalité-fraternité
» et par sa
Constitution. C’est aussi une France politique qui s’est
bâtie sur l’exploitation coloniale, sur des guerres
impérialistes et clanistes, sur l’accaparation des
richesses produites par le travail humain : du servage au salariat en
passant par l’esclavage… C’est aussi, une France
puissance économique, où les ghettos sont visibles, où
la misère est récurrente, où le racisme
anti-immigré, la xénophobie et l’islamophobie,
sont devenus ordinaires… une France qui « nique
la France »,
qui « nique
les travailleurs »
et qui nettoie « au
karcher » et
au « taser »,
toute les oppositions, « une
France qui ne veut pas être salie par les éclaboussures
provoquées par ses propres contradictions politico-économiques
»
Certes pour nos deux
camarades, issus de l’immigration et personnages publics, c’est
une contrainte, celle de se voir exposer sur la place publique pour «
racisme anti-blanc », et au risque de se voir « lyncher »
par les adeptes ordinaires du symbole français… mais !
Les deux compères
n’ont fait que relater une réalité procréée
par un système politique qui sait médiatiser mais qui
sait aussi se faire juge, à sa guise et selon ses intérêts.
Nous allons donc
pouvoir montrer que ce système politico-économique ne
se maintient que grâce aux divisions et aux replis sur soi,
communautaristes, religieux, philosophiques… qu’il
organise lui-même.
Nous sommes des
ouvriers organisés au coeur des masses populaires, nous vivons
dans les quartiers populaires et travaillons dans des usines et sur
des chantiers.
Pour ces raisons,
nous avons toute la légitimité pour nous insérer
dans cette campagne de « soutien
aux deux Saïd »
(et non aux deux caïds), qui commence aujourd’hui.
Nous voulons et
allons apporter de l’eau au moulin pour démontrer que la
France des blancs riches « nique
la France et ses masses populaires ».
Il nous faut
aujourd’hui sortir de cette logique cocardière pour
contrer cette France élitiste et oligarque représentée
par des personnages politiques qui jouent avec les diversités,
mais qui n’en n’ont que faire, car il la détruise
chaque jour en ridiculisant l’histoire et l’identité
du Peuple qui n’est pas que blanc, chrétien, laïc…
et qui se sent bafoué au point de se dire « nique
la France ».
Lors des dernières
présidentielles de 2012, les 6.6 millions de voix xénophobes
pour le parti qui s’est affiché avec la mouvance
fasciste à Vienne, qui a honoré Brasillach à
Lille, qui nie les massacres nazis à Villeneuve d’Ascq,
sans oublier « le détail de l’histoire »…
ne sont-ils pas aussi une expression pour dire «
nique la France multicolore, multiculturelle, multi religions »
et «
Vive la France des blancs et des Chrétiens » quitte
à perdre leur liberté !
Ainsi comme la
justice française veut un procès politique et que d’un
point de vue constitutionnelle, elle est impartiale, séparée
des pouvoirs, non influençable… il n’y aucune
raison pour que nous n’exprimions pas notre point de vue
politique sur cette question.
A suivre !
|