Les
salariés de COLAERT SAS, entreprise située à
Steenbecque en Flandre intérieure, ont reçu en plein
visage mardi 23 juin le verdict du tribunal de commerce de Dunkerque:
liquidation judiciaire sans prolongation d'activité. Commencée
la veille, l'occupation de l'entreprise s'est intensifiée dès
la nouvelle connue. Craignant que le patron ne profite de ce dépôt
de bilan pour déménager le stock et les machines, les
salariés bloquent les entrées. Rien ne peut sortir des
locaux de l'entreprise. Seuls les arrivages sont autorisés.
Remarquons
au passage ce curieux dépôt de bilan où une
entreprise est encore capable de payer ses fournisseurs et se faire
livrer.
L'entreprise
COLAERT SAS a été rachetée par la Holding NECKS
INVEST en 1997. Depuis lors l'entreprise n'a procédé à
aucun investissement sur ce site métallurgique centenaire
produisant des brides et des ressorts pour tout matériel
roulant. Bien au contraire NECKS INVEST a délocalisé
une partie de la production en Pologne, pillant au passage 3 millions
d'euros de chiffres d'affaires. Après quelques temps NECKS
INVEST a revendu son unité polonaise au groupe autrichien
FRUMENTAL, empochant une plus-value de 3,2 millions d'euros.
Ainsi ce
groupe d'investissement ou plutôt de désinvestissement,
basé à Stockholm, est venu piller en France pour
revendre en Pologne à des patrons Autrichiens. Aujourd'hui les
96 salariés de COLAERT SAS sont licenciés, jetés
à la rue. 96 familles sont touchées de plein fouet en
ce début d'été. C'est ça leur Europe
et c'est ainsi que le patronat remercie les travailleurs qui l'ont
enrichi durant des années!
Par
courrier, les salariés de COLAERT SAS ont appris que le
Conseil régional, à qui ils s'étaient adressés
en désespoir de cause, ne peut apporter d'aide à
l'entreprise sauf en cas de reprise, ce qui n'est pas le cas. Et
pourquoi? Parce qu'une directive européenne l'en empêche.
C'est ça leur Europe sociale!
Alors
depuis hier les salariés, avec la CGT, occupent nuit et jour
le site de production. De nombreux camarades, de nombreux
travailleurs des autres entreprises et services viennent les
soutenir. La friterie installée non loin leur offre les repas
du soir. Ils ne sont pas seuls, ils ne luttent pas dans
l'indifférence.
Car
aucune lutte ne doit rester isolée et l'élan de
solidarité de classe des camarades de Merville, d'Hazebrouck,
d'Armentières et d'Isebergues en fait la démonstration
de façon éclatante.
C'est
pourquoi la Coordination Communiste 59/62 apporte aux salariés
de COLAERT SAS tout son soutien et leur dit bravo.
Les
revendications des salariés de chez COLAERT SAS sont justes et
légitimes. La prime extra-légale sans condition d'âge
ni d'ancienneté, à l'exemple des Conti, doit leur être
versée.
C'est
le patron qui a exploité des années durant leur
savoir-faire, leur sérieux, leur conscience professionnelle,
c'est le patron qui aujourd'hui les jette à la rue sans aucun
scrupule, c'est au patron de payer. Et il faut qu'il paie!
|