Après la tenue de l'assemblée des collectifs...
L’élection
présidentielle a vu revenir en force le bipartisme
Droite/Gauche, UMP/PS, bipolarité conçue par le système
même de la Vème République pour
préserver la dictature du capital sur les travailleurs.
Dès
le début, les grands médias publics et privés,
ainsi que les instituts de sondages ont fabriqué le « vote
utile » à droite et à gauche dans une ultime
manipulation pour prendre leur revanche sur la formidable victoire du
camp du NON au référendum sur le Traité de
Constitution Européenne.
Sarkozy,
premier candidat du MEDEF, a finalement été élu
avec un programme clairement anti-social, de revanche historique du
capital sur les conquêtes sociales et démocratiques du
mouvement ouvrier de 1936, 1945 et 1968.
Au
moment où le mouvement ouvrier et populaire est affaibli par
le révisionnisme, l’opportunisme et le réformisme
de ses dirigeants politiques et syndicaux, notre appel à
utiliser le bulletin Ségolène Royal pour battre Sarkozy
signifiait la prise en compte des conditions de la résistance
ouvrière et populaire, induites par un rapport de force
défavorable.
On
mesure là toute l’irresponsabilité politique de
la division du camp du NON, lequel avait adopté 125
propositions anti-libérales, mis en place près de 800
comités anti-libéraux avant d’imploser sur le
choix du nom à mettre sur le bulletin de vote.
Le
trotskisme et le social-libéralisme ont saboté l’effort
réalisé pour rassembler les forces militantes du camp
du NON. D’abord l’attitude concurrentielle de la LCR, qui
se poursuit d’ailleurs dans les débats actuels pour des
listes unitaires aux législatives. Ensuite, les manœuvres
anti-parti d’« individualités » ou
de certains militants des « collectifs Bové ».
Enfin, l’offensive, interne au PCF, des éléments
droitiers pour l’arrimage du PCF au PS (voir le projet de
« fusion PS/PC » préconisé tant à
l’intérieur du PS que du PCF).
L’objectif
du capital demeure la destruction du PCF, même muté,
soit par sa disparition électorale grâce à la
promotion des trotskistes (aujourd’hui la LCR avec Olivier
Besancenot ), soit la « fusion »/liquidation
dans un PS transformé en « parti de la gauche ».
La
Coordination Communiste continuera à défendre la
tradition, l’héritage communiste contre le projet du
capital, de la social-démocratie et des trotskistes, de
recomposition politique sur le « cadavre » du
PCF, le parti révolutionnaire né au Congrès
de Tours en 1920, grâce à l’apport
indéniable de la Révolution d’octobre 1917, à
l’expérience de la IIIème
Internationale Communiste et à celle de l’édification
du Socialisme en URSS. Une telle recomposition politique anti-PCF,
c’est aussi là leur façon de faire « table
rase » d’un passé de conquêtes sociales
et démocratiques.
Toutes
ces diversions politiques orchestrées par la bourgeoisie et
ses agents dans le mouvement ouvrier ont un seul et unique but :
empêcher la mise en place d’un front politique
anti-libéral issu du camp militant victorieux du NON le 29 mai
2005, d’un front anti-libéral rassemblant toutes les
forces politiques, associatives, syndicales qui ont milité
pour le NON.
Pour
ces élections présidentielles, la majorité des
organisations marxistes-léninistes pour la reconstruction du
Parti Communiste dont le monde du travail et le peuple ont besoin, se
sont réfugiées dans l’impuissance sectaire de
« l’abstentionnisme » au premier et au
second tour. Le taux de participation des masses de plus 85% (votant
« utilement » pour les candidats libéral
et social-libéral) permet de mesurer les dégâts
idéologiques et politiques causés par des décennies
de capitulation et de destruction des positions révolutionnaires
au sein du mouvement ouvrier et populaire par le PCF muté, par
leurs rivaux trotskistes (LCR, LO, PT, etc.) et par le PS devenu
social-impérialiste. mais il démontre aussi
l’inefficacité politique des appels à
« l’abstention ». La majorité de
la classe ouvrière, désarmée idéologiquement
et politiquement, est trompée, illusionnée par la
social-démocratie impérialiste (PS), par la droite
populiste dure (UMP), par la droite sociale chrétienne
(UDF/MD) et par les fascistes du FN
Mais
dans le même temps, la combativité de classe demeure:
Plus
de mille grèves ouvrières durant la campagne électorale
des présidentielles, grèves totalement ignorées
par les médias et la majorité des candidats. C’est
là un point d’appui permettant d’amplifier les
revendications et les luttes pour le SMIC à 1500 euros nets,
pour 300 euros de hausse des salaires et des pensions mensuelles,
contre l’attaque du droit de grève par le « service
minimum », contre la remise en cause des retraites des
cheminots, des électriciens, gaziers et d’autres
secteurs des transports et des travaux pénibles, pour l’emploi
stable et le statut des fonctionnaires, contre la fabrication de
travailleurs pauvres par la soit-disant baisse du chômage et
pour le droit de vote des immigré(e)s à toutes les
élections, etc.
La
tâche essentielle aujourd’hui est d’œuvrer à
l’émergence
d’un
front
populaire uni anti-libéral
dans lequel les marxistes-léninistes constitueront une aile
anti-capitaliste rassemblée pour aider le mouvement ouvrier et
populaire dans sa résistance inévitable contre
l’offensive libérale dure incarnée par Sarkozy et
éviter le piège de l’hégémonie
social-libérale du PS. La construction du front anti-libéral
militant et de son aile anti-capitaliste est une voie obligée
pour la reconstruction du parti communiste marxiste-léniniste,
étape indispensable vers la révolution prolétarienne
du XXIéme
siècle.
La
constitution de ce front nécessite l'unité du
camp anti-libéral. Cependant, comme pour les présidentielles,
la division domine très largement pour les législatives.
Dans ce contexte, la Coordination Communiste soutient les
candidatures unitaires présentées ou soutenues par les
Collectifs anti-libéraux locaux. A défaut, la
Coordination Communiste soutient les candidatures du PCF, parti qui
reste la principale base ouvrière militante de ce front
populaire anti-libéral en construction. Au second tour, nous
appellerons à battre les candidats de la majorité
présidentielle sarkozyste.
Fait
à Lille le 16 mai 07
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