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Retourner à la liste Imprimer 29 Mai 2010
Plus que jamais, la commune de Paris est vivante !

Montée au mur des fédérés le Samedi 29 Mai 2010, 14h30, à l’entrée du cimetière du Père Lachaise, Rue des Rondeaux, Paris XXe - Métro Gambetta

A la ferme d’en Haut, Villeneuve d’Ascq

Comme chaque année de nombreuses organisations viennent rendre hommage à nos glorieux ainés communards, au pied du mur des fédérés où ont été fusillés les derniers d'entre eux le 28 Mai 1871.

Un soulèvement populaire qui a été, est, et restera une référence

Les grandes maisons d'édition, aux mains des groupes industriels proches du pouvoir et du MEDEF[1], ont délibérément supprimé la Commune de notre histoire, se contentant de vagues allusions à travers des titres comme « après quelques vicissitudes, la république s'installe »… Comme le disait le fameux chansonnier communard Jean-Baptiste Clément, « on a toujours trompé les peuples; le tromper pour en vivre c'est l'affaire des gens qui se font du lard à ses dépens »…

Cet évènement est en effet l'un des premiers succès des classes populaires à travers le soulèvement général des prolétaires et intellectuels progressistes et leur prise de pouvoir à Paris. De cette première expérience d’insurrection et de dictature du prolétariat, même si elle n’a duré que deux mois, de mars à mai 1871, fourniront des enseignements fondamentaux pour de nombreux combats de classe à travers l’histoire. L’analyse des forces et des faiblesses de ce mouvement était dans les têtes des camarades bolcheviks qui animèrent la grande Révolution Socialiste d’Octobre 1917 en Russie, comme elle doit rester dans nos esprits pour les nombreux combats que le peuple doit et devra mener au XXIème siècle.

La force d'un mouvement issu de la base

Le blocus de Paris pendant la guerre contre les Allemands en 1870-1871, les famines qui en découlèrent, dans le « bas peuple » évidemment, et l’attitude capitularde des nantis qui les dirigeaient et les exploitaient, ont créé les conditions historiques pour dépasser les grands discours idéalistes et passer directement à l’action.

Et quelle action ! Ce mouvement a eu immédiatement une extraordinaire popularité par des mesures avant-gardistes dans bien des domaines : l’égalité hommes-femmes, la séparation de l'Eglise et de l'Etat (donc bien avant 1905), la démocratie complète (révocabilité des représentants du peuple), l’instruction et la culture pour tous, la paix (avec la fin de la conscription), l'émancipation des classes populaires (conditions avantageuses pour les prolétaires pour liquider leurs crédits, récupérer leurs biens au mont-de-piété…)… la liste et longue et certaines de ces idées ne seront  pas mises en place avant un siècle ! Cette popularité explique aussi pourquoi une bonne partie de l'armée s'est rangée de son coté ; ce sont toujours les « prolos » qu’on envoie au front ! Et c’était bien là la clé de la victoire du 18 Mars.

Les faiblesses d'un mouvement spontané

Malgré cela, les communards ont certainement sous-estimé un temps ce que les classes dirigeantes sont toujours en mesure de faire lorsqu’elles sont aux abois, en l’occurrence quand elles viennent de capituler et paraissent en ordre dispersé : les dirigeants du gouvernement déchu réfugié à Versailles on pu constituer un front antipopulaire royalistes-bonapartistes-grands-bourgeois, et négocier avec les allemands, encore aux portes de Paris, pour que toutes les troupes françaises puissent se concentrer sur la répression du peuple parisien. Lorsque le peuple a passé le seuil de la révolution, tous les réactionnaires et impérialistes savent se serrer les coudes. C’est ce que l’on retrouvera après la révolution russe de 1917, lorsque les occidentaux envoyèrent des bataillons contre-révolutionnaires entiers en Russie alors que la guerre 14-18 n’était même pas finie.

Par ailleurs, un problème s’est rapidement avéré critique pour les communards : l’absence de direction politique et d’unité idéologique. En effet la commune était animée par un éventail qui s’étendait des républicains aux socialistes et aux anarchistes, qui aurait rendu impossible le changement de la société en profondeur, en particulier l’abolition de la propriété privée des moyens de production.

Le manque de cohérence dans la direction du mouvement, son inexpérience et son inorganisation ont malheureusement entrainé un certain nombre de traitrises qui ont permis des attentats catastrophiques d’un point de vue tactique et des ouvertures de brèches fatales à l’Ouest de Paris par les Versaillais. Dès lors, la sauvagerie de l’armée Versaillaise et de son boucher en chef Gaston de Gallifet s’est exercée sans limites, et au soir de la sinistre « semaine sanglante » du mois de Mai, le bilan était de plus de 30.000 victimes coté communards, dont énormément de femmes et d’enfants, et de près de 4.000 déportations au bagne.

En 1871, les classes populaires parisiennes souffraient des conséquences de la guerre, du blocus allemand alors qu’elles étaient déjà dans une précarité extrême.

En 2010, alors que nos caddies, nos réservoirs et nos poches se vident, alors que l’Europe des patrons mondialisée nous impose un blocus social sans pitié, alors que le général Sarkozy a lancé ses bataillons versaillais dans un massacre systématique de nos acquis sociaux, de nos services publics et de nos droits fondamentaux, il est temps d’organiser la résistance populaire pour bientôt passer à l’offensive, forts des précieux enseignements de notre histoire !



[1] Les 2 principales maisons d’édition de manuels scolaires sont Editis (Nathan, Bordas, Robert Laffont…) dont le holding de l’ex-patron du MEDEF Seillière a été propriétaire jusqu’en avril, et Hachette (Hachette Education, Dunod, Armand Colin…), qui fait partie du groupe Lagardère, le grand ami de Sarkozy.




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