|
Notre
cirque politique français et européen aura beau nous
jouer le numéro habituel, le grand gagnant de ces élections
européennes 2009, c'est très clairement
l'abstention.Voilà
quelques chiffres qui accentuent encore l'ampleur de cette victoire :
le
vote blanc, systématiquement
oublié, représente près de 6 Millions
d'électeurs en Europe, ce qui fait passer de 56,97%
d'abstention à 58,51% de non exprimés au niveau
européen
le
vote blanc représente 1,54% des inscrits et 3,57% des
votants (certains partis ne cracheraient pas sur un tel score)
le
vote blanc fait de très beaux scores dans les pays où
le vote est obligatoire (6,31% en Belgique, 6,42% en Italie, 9,18%
au Luxembourg)

D'autre
part, dans la manipulation des résultats, tout est histoire de
présentation. Que verrait-on en France si l'on exprimait ces
résultats en % des inscrits plutôt qu'en % des exprimés
?
la
victoire écrasante de l'abstention avec 59,35%, et
avec les non exprimés, incluant les blancs ou nuls, on
atteint 61,12%.
le
score non négligeable, mais qui passe pourtant totalement à
la trappe, d'un mouvement « Blanc ou Nul »,
avec 1,76% et
781 480 votes (avec 4,54% si on rapporte ça aux
exprimés, on a frôlé un député
Blanc !).
l'UMP
qui, après avoir digéré les plus traitres de
l'UDF et du PS, a fait le plein de voix pour « triompher »
avec 10,84%.
le
« raz-de-marée » vert qui a atteint
un extraordinaire 6,33%, gonflés à bloc par les
9 Millions de téléspectateurs de HOME, la
superproduction de Pinault-Printemps-Redoute diffusée l'avant
veille du scrutin (43% des électeurs verts déclarent
s'être décidés quelques jours avant le
scrutin).

Avec des
taux d'abstention de 75% chez les employés, 77% chez les
ouvriers, 79% chez les chômeurs, 72% chez les étudiants,
ce sont bien les victimes de la crise du capitalisme qui ont tourné
le dos à l'Europe des patrons.
Contrairement
à ce qu'ont matraqué les médias, il s'agit donc bien
d'un boycott
conscient et d'un rejet populaire.
Devant un tel désaveu, un référendum sur la
sortie de l'Europe devrait être à l'ordre du jour dans
une vraie démocratie qui respecte les peuples.
Malheureusement
cette Europe est tout sauf démocratique, et nous ne nous
libérerons de ce cancer antisocial qu'est l'Union Européenne
que par un mouvement massif des progressistes qui auront ouvert les
yeux et arrété de courir docilement derrière une
Europe Sociale qui ne peut pas exister par définition.
Il
est grand temps de remettre l'existence de l'Europe des patrons en
question !
|