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Rassembler contre la politique du gouvernement!

Sur le mouvement du 17 novembre

Que se passe t-il ?

Un appel à bloquer la France le samedi 17 novembre pour protester contre la hausse des prix des carburants a été lancé sur les réseaux sociaux et prend de l’ampleur. Parti d’individus « isolés » l’appel a été repris par des youtubeurs et a très vite rassemblé de nombreuses personnes, décidées à organiser des rassemblements, des opérations-escargot, des blocages de points stratégiques, notamment des raffineries.

 Pourquoi ?

La hausse des prix des carburants est un motif de colère légitime. Plus généralement tout ce qui touche aux conditions de vie et aux conditions de travail des classes populaires crée de la colère et du mécontentement. Par le passé, bien des jacqueries, bien des révoltes populaires ont commencé à cause du prix du pain. Aujourd’hui, le prix de l’essence a remplacé celui du pain comme motif de colère mais le mécanisme est le même. Souvenons-nous que la révolution de 1789 a commencé avec des émeutes contre la hausse du prix du pain par exemple.

Qui est à la manœuvre ?

L’extrême droite a rapidement décidé de récupérer le mouvement et une partie de ses initiateurs y sont rattachés de près ou de loin. Cadres et dirigeants lepénistes ainsi que du mouvement de Dupont-Aignan ont rapidement déclaré soutenir ce mouvement et ont appelé à le rejoindre. Ils se gardent bien de pointer la responsabilité des groupes pétroliers et prèfèrent surfer sur la vague de manière purement électoraliste en limitant leur appel au 17 novembre. De leur point de vue, c’est un moyen de canaliser la colère populaire et de la détourner des revendications plus politiques d’augmentation des salaires ou de nationalisation des entreprises pétrolières. Ils n’appeleront pas à poursuivre le mouvement et à réellement bloquer l’économie.

Le mouvement est pourtant massivement rejoint par de nombreuses personnes sans parti, sans syndicats, excédés par les coups que le gouvernement porte depuis des mois sans discontinuer et qui trouvent dans ce mouvement une occasion de se faire entendre.

Quelle est la juste position ?

On voit apparaître à gauche et dans les organisations syndicales une « frilosité », voire une hostilité à soutenir le mouvement. Il en fût de même avec des mouvements psant des revendications sur des motifs légitimes de colère comme celui des bonnets rouges par exemple. Ce qu’on lit sur les réseaux sociaux est édifiant : il faudrait avoir des objectifs plus nobles, plus généreux, plus conséquents que le prix de l’essence… Le peuple se trompe dans ses motifs de colère. Cela reviendrait à se moquer du prix du pain en 1789 ? En tant que communistes nous trouvons cette attitude inacceptable et révélatrice du mépris de classe traditionnellement porté par la sociale-démocratie. En tant que communistes nous devons organiser la colère populaire !

Notre analyse sur le mouvement

Evidemment un appel pour « bloquer l’économie » un samedi est forcément politiquement discutable et ne peut en aucun cas remplacer la puissante arme de la grève. Il faut prendr ele peuple là où il est, pas attendre qu’il devienne ce qu’on voudrait qu’il soit. On ne peut être en dahors de la réalité objective des masses. Combattre réellement le fascisme, ce n’est pas le faire simplement avec des postures morales et inopérantes. Combattre le fascisme, c’est répondre aux colères populaires.

« L’appel du 17 novembre » concerne en premier lieu des travailleurs désireux de tout bloquer, même si l’objectif de renverser le capitalisme n’est pas encore « conscientisé ». Si les militants de classe se comportent en spectateurs à cause de la présence d’éléments fascistes, ceux-ci apparaîtront comme seuls porteurs des revendications populaires.

Le rôle des militants politiques et syndicaux est d’être présents dans ces actions pour les renforcer et y développer l’esprit de front en connexion avec les mouvements de lutte existant par ailleurs. Etre dans les masses signifie prendre en compte chaque évolution, chaque tressaillement, chaque mouvement qui agite le prolétariat. C’est avoir la capacité de lire la protestation du peuple opprimé derrière la colère à la station service et la révolte du quartier. Etre absent de ce combat de classe, c’est laisser le terrain libre aux fascistes.

Nous devons saisir cette colère et cette date, pour pouvoir élargir ses mots d’ordre au terrain de la lutte de classe. Les luttes de masse contre la hausse des prix des carburants ne doivent pas etre considérées avec mépris comme politiquement immatures : cela ne peut qu’aggraver l’incompréhension des larges masses vis-à-vis du mouvement syndical et politique déjà lourdement réprimé par les médias aux ordres et autres appareils pro-patronaux. Le prix à la pompe pose la question du salaire, des pensions de retraite et du choix de société. A nous de les développer, approfondir le mouvement et radicaliser ces mots d’ordre. Nous devons dépasser qualitativement et quantitativement les fascistes.

Pour une baisse immédiate du prix des carburants !

Pour une hausse des salaires et des pensions !

Bloquons leur économie de capitalistes profiteurs !

Le 17 novembre et au-delà s’il le faut !



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