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Depuis
1999, les petits et moyens agriculteurs français se tuent (au
travail jusqu’à 70 heures par semaine pour un revenu de
misère, explosion des suicides) à réclamer des
prix rémunérateurs au lieu de subventions dans
lesquelles la Politique Agricole Commune (PAC) les emprisonne. Ainsi
le 14 avril 1994, date de l’alignement aux règles de
l’OMC, l'UE a fait le choix de les sacrifier, eux, mais
également la qualité de la production agroalimentaire
française et à terme l’indépendance
alimentaire de la France sur l’autel du libéralisme au
profit des gros capitalistes du secteur. En supprimant le 1er avril
2015 la règle des quotas, dernier outil de l’arsenal
protectionniste constitutif de la Politique Agricole Commune
originelle de l'après Seconde guerre mondiale, Bruxelles a
autorisé l'écoulement sur les marchés européens
et français de la surproduction agricole notamment allemande
et espagnole engendrant une baisse structurelle des prix de marché
sous le niveau permettant aux agriculteurs français de couvrir
leurs coûts de production. Cette ultime dérégulation
libérale a révélé le degré de
concentration du capital du secteur agro-alimentaire: le petit étant
mangé par le gros.
En
effet, d’un côté dorénavant la PAC organise
la concurrence sur les revenus avec, par exemple, des gros
producteurs agrariens allemands et espagnols qui profitent des
déréglementations de leurs marchés internes,
utilisent des travailleurs agricoles corvéables des pays de
l’est et du Maroc principalement, de normes sanitaires
nationales moins contraignantes et moins coûteuses et un
processus qui a accéléré chez eux une production
standardisée, industrielle et une concentration du capital qui
bafoue les critères d'excellence qui caractérisent
encore la production française même de type
industrielle. Parallèlement, la question des normes sanitaires
européennes par un surenchérissement normatif national
alimenté par le lobbying a été l’outil
juridique utilisé par les gros capitalistes du secteur en
France éliminer les concurrents plus petits qui n'ont pas le
moyen financier de respecter ces normes. La financiarisation de
l’agriculture a engendré la dépendance accrue des
agriculteurs vis à vis des actionnaires obsédés
par le « retour sur investissement » de leurs
prêts, la « recherche toujours plus d’économies
d’échelle » et de gains de productivité.
D’un
autre côté la crise structurelle du capitalisme érodant
le pouvoir d'achat, les intermédiaires de la filière
agricole - transformateurs et distributeurs - en position de force
car organisés en quasi cartels face à des petits et
moyens producteurs nombreux et atomisés, assoiffés de
profit s’entendent depuis longtemps afin de maintenir leurs
marges en menaçant les agriculteurs français d’acheter
ailleurs s’ils osent broncher.
A
cela s'ajoute des cours mondiaux spéculatifs du blé et
du soja - base de l'alimentation des cheptels - déterminés
par le capitalisme financier sous prétextes des fluctuations
climatiques ou des niveaux des récoltes : l’augmentation
des coûts d’alimentation des troupeaux participe de la
fonte des marges et des ventes à perte. Viennent s'ajouter
maintenant les sanctions et l'embargo contre la Russie par l'UE qui
suit en cela les USA en soutien aux fascistes Ukrainiens qui a fait
perdre aux éleveurs et paysans des débouchés
pour leurs production.
A
la base les agriculteurs pris en tenailles sont de moins en moins
dupes et réclament à cor et à cri par des
actions fortes une nouvelle politique agricole nationale leur
permettant de vivre dignement de leur travail et de devenir la
cheville ouvrière d’une agriculture plus respectueuse de
l’environnement, des humains et de la diversité des
cultures locales.
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