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Exploités par les patrons
Depuis
le premier août, date de leur expulsion de la Bourse du Travail
où les syndicats les accueillaient, les grévistes de la
faim sans papiers poursuivent leur lutte pour la régularisation
dans des conditions de plus en plus inhumaines. Eparpillés
dans la métropole et au delà, souvent séparés
les uns des autres, régulièrement refoulés par
les hôpitaux, humiliés voire brutalisés par la
police, résistants malgré un état de santé
déplorable, ils ont plus que jamais besoin du soutien de tous
pour tenir tête au préfet Canepa, et faire valoir leurs
droits de travailleurs et d’êtres humains.
M.
Canepa cherche apparemment à mettre en pratique dès cet
été la ligne sarko-lepéniste du nouveau
super-ministère de l’immigration et de l’identité
nationale, forçant hier les sans papiers en lutte à
l’ultime recours de la grève de la faim, ordonnant
aujourd’hui de harceler, de calomnier, de brutaliser,
d’atomiser les grévistes récalcitrants.
La forte
mobilisation des progressistes autour de leur cause est mille fois
justifiée. Leur inquiétude aussi. Chaque fois en effet
qu’un Etat réprime son immigration, il inaugure une
période de forte régression des droits démocratiques
pour l’ensemble du peuple.
Cette
lutte est donc capitale pour la période à venir ;
pour les sans papiers, leurs conjoints et enfants, mais aussi au delà
pour l’ensemble des travailleurs de ce pays.
L’expulsion
de la Bourse du Travail, au delà d’un moyen violent de
briser le mouvement de l’intérieur en empêchant
que les grévistes soient ensemble, c’est aussi la
volonté de séparer ce qui se rassemblait enfin :
les luttes syndicales du salariat, encore garanties par certains
droits (d’ailleurs en péril) et la jeune lutte des
travailleurs sans papiers pour leur régularisation, dont les
rares droits sont sans cesse piétinés par la
Préfecture.
Car il
s’agit d’abord d’une lutte de classe, dans laquelle
le CSP59 rassemble autour des sans papiers, syndicats, organisations
progressistes et démocratiques, soutiens individuels. Face à
lui, un Etat qui traite la partie la plus exploitée de la
classe ouvrière de ce pays à coup de rafles, de
brutalités policières et d’expulsions manu
militari quand les patrons n’en veulent plus.
On nous
présente les sans papiers comme des « parasites »
qui « coûtent cher » aux
contribuables de ce pays, comme des voleurs qu’il convient donc
de renvoyer dans leur pays. C’est oublier un peu vite que la
« richesse » d’un pays comme la France
n’est jamais le fruit du hasard ou de la magie ; elle
provient de l’exploitation par les patrons français des
travailleurs du territoire national, français et immigrés,
avec et sans papiers, et des travailleurs des ex-colonies toujours
opprimées par l’impérialisme français.
Notre pays est l’un des plus riches du monde ; nous savons
donc ce que cela veut dire.
« Etre
français, ça s’hérite ou ça se
mérite » pense sans doute M. Canepa ?
Ces travailleurs sans papiers que l’on tente à tout prix
de déshumaniser, dont on ne veut pas voir les conditions de
vie, les conditions de travail, les salaires de misère…
ces travailleurs qui finalement « travaillent plus pour
gagner moins »… ne « mériteraient »
même pas des papiers ?
La
Coordination Communiste appelle à une mobilisation large et
tenace autour du CSP59, tous les soirs, place de la République
à partir de 18 heures. Les contacts y sont pris pour venir en
aide aux grévistes quotidiennement.
Honneur
aux grévistes de la faim ! Honte au préfet !
Régularisation de tous les sans papiers !
Le 5 août
2007.
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