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POUR GAGNER L’ELECTION PRESIDENTIELLE EN 2007,
Le
résultat des « primaires à l’américaine »
du Parti Socialiste, orchestré par les médias, a rendu
son verdict prévisible, et c’est encore une fois le
social-libéralisme et les partisans du « oui »
à la constitution qui en sortent vainqueur. Le programme du
PS, dont la candidate désormais officielle est porteuse,
s’inscrit ainsi dans tout ce que les électeurs du NON
populaire à la constitution européenne ont rejeté
massivement le 29 mai 2005.
La balle est à
présent dans notre camp !
Les comités
unitaires anti-libéraux, continuateurs de l’espoir né
de cette victoire du NON le 29 mai, ont la responsabilité de
proposer une alternative anti-libérale, celle du camp du
peuple contre le camp de la bourgeoisie et de leurs agents de la
gauche caviar patronale. Ils doivent faire de ces élections de
2007 le second tour du 29 mai 2005.
Les jours qui
viennent sont décisifs : Ségolène Royal
officiellement désignée, tous les regards se tournent à
présent vers le camp anti-libéral. C’est le
moment de montrer que l’alternative populaire anti-libérale
peut se concrétiser enfin sur un(e) candidat(e) qui parle pour
les intérêts de classe et les revendications réelles
des travailleurs. C’est le moment de montrer que le seul vote
réellement utile pour battre non seulement la droite, mais
aussi la politique de droite, c’est le vote anti-libéral,
c’est le vote en faveur du candidat(e) du camp du NON.
L’heure n’est
plus aux hésitations : par la désignation d’une
candidature unitaire (et unique) à l’élection
présidentielle, les comités unitaires anti-libéraux
doivent s’inscrire dans le choix d’un(e) militant(e)
engagé(e), rassembleur(euse), capable de cristalliser les
espoirs populaires, capable de vaincre le sentiment d’impuissance
comme au moment de la campagne du référendum, capable
de rassembler suffisamment de voix au 1er tour pour
devancer la candidate de la « gauche »
social-libérale et faire mentir tous ces médias aux
ordres qui voudraient nous faire croire que tout est déjà
joué avant même le début de la campagne.
Dans le contexte
actuel, l’exigence prioritaire de prolonger la victoire du NON
le 29 mai 2005 par une victoire possible, nécessaire du camp
du NON à l’élection présidentielle est une
occasion historique pour briser le bipartisme UMP/PS, droite/gauche.
Seule une candidature unique du camp du NON peut réaliser cet
objectif indispensable et tout à fait envisageable.
Quels candidats
possibles ?
Lorsque nous
confrontons les candidats à la candidature au sein du front
électoral anti-libéral en constitution, seuls deux
prétendant(e)s se détachent : Marie–Georges
BUFFET et José BOVE.
La première
est proposée par le PCF dont nous sommes historiquement
issus : elle représente le parti qui a le plus porté,
par sa représentativité, la campagne victorieuse du NON
le 29 mai 2005 ; le second est un militant syndical dont l’aura
gagnée sur le terrain des luttes dépasse nos
frontières.
La première,
au-delà du fait qu’elle est dirigeante d’un parti
avec lequel nous avons des désaccords politiques et
idéologiques, incarne dans ce débat du choix du
candidat « l’esprit de parti » en tant
que tel, auquel nous tenons absolument ; car il n’y a pas
d’organisation durable de la lutte de la classe ouvrière
sur le plan politique sans parti, il n’y a pas de prise du
pouvoir d’Etat (donc de révolution sociale) sans parti.
La candidature du
second, à l’inverse, par le fait même qu’il
n’est pas porté par un parti, peut être perçu
par certains comme conduisant à l’« effacement
des partis » et à l’effacement du PCF en
particulier.
Quels
critères pour se déterminer ?
La
Coordination Communiste 59/62, engagée dès le début
dans le mouvement unitaire anti-libéral né contre le
projet de constitution européenne et qui poursuit cet
engagement aujourd’hui sur le front électoral, tient à
donner sa position à l’occasion de ce choix du
candidat(e).
Cette candidature
doit être choisie, selon nous, à partir des critères
suivants :
► Elle
doit avoir une notoriété qui va au delà des
cercles de réflexion et des organisations impliqués
dans la victoire du NON et justifier d’un engagement militant
concret ;
► Elle
doit être engagée dans le processus unitaire plutôt
que de jouer son propre jeu ;
► Elle
doit garantir que la campagne électorale unitaire laissera la
place à l’expression des organisations politiques et
associatives qui la composent ;
► Elle
doit respecter le principe et la nécessité des partis
et donc rejeter tout esprit ou pratique anti-parti ;
► Elle
ne doit pas s’inscrire dans la logique de la bipolarisation
UMP/PS qui empêche l’émergence de toute
alternative anti-libérale ;
► Elle
doit prolonger la victoire du NON comme fondement à la
préservation des conquêtes du Front Populaire et du
Conseil National de la Résistance, solides remparts contre le
libéralisme ;
► Elle
doit être l’expression électorale des luttes et de
la solidarité entre les « sans usines »
victimes des délocalisations, les « sans logis »,
les « sans emploi », les « sans
papiers » et les « sans terres »,
etc. ;
► Elle
doit porter l’exigence du vivre ensemble dans l’égalité
des droits, notamment par l’option du droit de vote à
toutes les élections pour l’immigration, l’abrogation
des lois Pasqua/Debré/Chevènement/Sarkozy et la
régularisation de tous les sans papiers ;
► Elle
doit être l’occasion de fédérer
électoralement tous les anti-mondialistes, tous les
anti-libéraux, toutes les victimes des désastres
sociaux, économiques, culturels et politiques du capitalisme
et de l’Europe impérialiste ;
► Elle
doit exprimer la solidarité internationaliste avec les peuples
et les Etats qui résistent à l’agression barbare
de l’impérialisme à l’instar de la
Palestine, de Cuba, du Venezuela, de la Bolivie,…etc. ;
► Elle
doit traduire nos mobilisations contre les guerres d’agression
impérialiste, la re-colonisation et contre le « choc
des civilisations, des religions » prétextes à
l’hégémonisme et aux impérialismes
prédateurs ;
► Elle
doit poser le débat d’une aspiration populaire à
une alternative sociale, politique, économique et culturelle
au capitalisme et aux politiques libérales ;
► Elle
doit permettre de réduire l’abstention au maximum parce
qu’elle est opposée et offre une perspective différente
à l’alternance droite/ « gauche »
à laquelle de moins en moins d’électeurs croient.
Réussir
le rassemblement pour gagner : le choix de José Bové
La Coordination
Communiste 59/62 pense que le candidat qui répond le mieux à
ces critères et qui permet le rassemblement le plus large
– de toutes les forces militantes du camp du NON –
c’est José BOVE. Nous invitons en
particulier les militants du PCF à le reconnaître
lucidement.
Malgré les
réserves existantes concernant José Bové, nous
pensons que nous devons nous déterminer en fonction de notre
objectif fondamental du moment: Réussir, à l’image
du rassemblement large et populaire qui a permis la victoire du NON,
le rassemblement pour gagner et briser la bipolarisation UMP/PS,
nouvelle arme au service des intérêts du capital. Nous
le faisons en ayant en tête cette maxime fondamentale de
Karl Marx : « tout pas en avant vaut mieux que 10
programmes ».
Leur
Bové et le nôtre…
Nombre de militants
de la LCR qui rejettent la candidature de division de Besancenot
soutiennent Bové, mais simplement souvent par « anti-PCF ».
Outre que cela renforce les militants du PCF dans leur soutien à
MG Buffet, ces soi-disant « défenseurs »
de Bové restent de plus dans la logique de la candidature de
« témoignage » (niant en pratique
l’importance stratégique pour la lutte de classe de la
victoire du 29 mai) et sont profondément défaitistes
sur la capacité de victoire portée par cette
candidature, se contentant d’espérer un « bon
score ». Ils rejoignent en cela le PCF qui, lui aussi,
conçoit la candidature Buffet surtout comme un moyen de
pression dans le cadre de négociations futures ou en cours
avec le PS.
Dans
tous les cas : Tout candidat du camp du NON anti-libéral
est notre candidat !
La
désignation du candidat aux présidentielles devrait
être dépassionnée si l’on garde bien en
tête que quelque
soit le/la candidat(e) retenu(e), il/elle sera notre candidat(e).
A condition bien sûr qu’il s’agisse bien d’une
candidature
UNIQUE,
et non pas d’une
candidature de division,
quand bien même elle s’affublerait d’une étiquette
« unitaire » ou « anti-libérale ».
Aux militants du PCF
en particulier, qui mettent en avant la question de « l’importance
du PCF dans le mouvement » au lieu de regarder la question
de la candidature la plus efficace au rassemblement, nous disons :
au-delà des présidentielles va se poser la question de
la bataille électorale des législatives, qu’il
faudra préparer, là aussi, dans l’unité ;
sur le plan des candidatures à ces élections-là,
il est évident pour tout le monde que la force politique
principale – non exclusive mais principale - sera le PCF.
L’essentiel
étant toujours, tant dans l’élection
présidentielle que dans les élections législatives,
que le camp du NON, par des candidatures unitaires, soit présent
pour frayer la voie à une véritable alternative
anti-libérale, puis anti-capitaliste.
La Coordination
Communiste, en tant qu’organisation révolutionnaire,
mettra toutes ses forces pour fortifier le mouvement des masses et le
faire progresser dans cette voie.
Nous appelons toutes
les forces qui ont su - pour contribuer à la victoire
historique du NON – soit marcher ensemble pour certaines
d’entre elles, soit marcher séparément pour
d’autres mais en frappant ensemble, à mesurer
l’ampleur de l’enjeu et tout le sens de la responsabilité
qu’impose la situation.
Unissons toutes les
forces militantes, puis électorales du camp du NON pour
battre l'union libérale du camp du OUI UMP/PS.
Fait
à Lille le 19 novembre 2006
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