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Retourner à la liste Imprimer 2006_11_19_antiliberal.pdf 19 Novembre 2006
Pour gagner l'élection présidentielle en 2007, il faut un candidat unique du camp du NON!

Déclaration de la Coordination Communiste 59-62

POUR GAGNER L’ELECTION PRESIDENTIELLE EN 2007,

Le résultat des « primaires à l’américaine » du Parti Socialiste, orchestré par les médias, a rendu son verdict prévisible, et c’est encore une fois le social-libéralisme et les partisans du « oui » à la constitution qui en sortent vainqueur. Le programme du PS, dont la candidate désormais officielle est porteuse, s’inscrit ainsi dans tout ce que les électeurs du NON populaire à la constitution européenne ont rejeté massivement le 29 mai 2005.

 

La balle est à présent dans notre camp !

 

Les comités unitaires anti-libéraux, continuateurs de l’espoir né de cette victoire du NON le 29 mai, ont la responsabilité de proposer une alternative anti-libérale, celle du camp du peuple contre le camp de la bourgeoisie et de leurs agents de la gauche caviar patronale. Ils doivent faire de ces élections de 2007 le second tour du 29 mai 2005.

Les jours qui viennent sont décisifs : Ségolène Royal officiellement désignée, tous les regards se tournent à présent vers le camp anti-libéral. C’est le moment de montrer que l’alternative populaire anti-libérale peut se concrétiser enfin sur un(e) candidat(e) qui parle pour les intérêts de classe et les revendications réelles des travailleurs. C’est le moment de montrer que le seul vote réellement utile pour battre non seulement la droite, mais aussi la politique de droite, c’est le vote anti-libéral, c’est le vote en faveur du candidat(e) du camp du NON.

 

L’heure n’est plus aux hésitations : par la désignation d’une candidature unitaire (et unique) à l’élection présidentielle, les comités unitaires anti-libéraux doivent s’inscrire dans le choix d’un(e) militant(e) engagé(e), rassembleur(euse), capable de cristalliser les espoirs populaires, capable de vaincre le sentiment d’impuissance comme au moment de la campagne du référendum, capable de rassembler suffisamment de voix au 1er tour pour devancer la candidate de la « gauche » social-libérale et faire mentir tous ces médias aux ordres qui voudraient nous faire croire que tout est déjà joué avant même le début de la campagne.

Dans le contexte actuel, l’exigence prioritaire de prolonger la victoire du NON le 29 mai 2005 par une victoire possible, nécessaire du camp du NON à l’élection présidentielle est une occasion historique pour briser le bipartisme UMP/PS, droite/gauche. Seule une candidature unique du camp du NON peut réaliser cet objectif indispensable et tout à fait envisageable.

 

Quels candidats possibles ?

 

Lorsque nous confrontons les candidats à la candidature au sein du front électoral anti-libéral en constitution, seuls deux prétendant(e)s se détachent : Marie–Georges BUFFET et José BOVE.

La première est proposée par le PCF dont nous sommes historiquement issus : elle représente le parti qui a le plus porté, par sa représentativité, la campagne victorieuse du NON le 29 mai 2005 ; le second est un militant syndical dont l’aura gagnée sur le terrain des luttes dépasse nos frontières.

La première, au-delà du fait qu’elle est dirigeante d’un parti avec lequel nous avons des désaccords politiques et idéologiques, incarne dans ce débat du choix du candidat « l’esprit de parti » en tant que tel, auquel nous tenons absolument ; car il n’y a pas d’organisation durable de la lutte de la classe ouvrière sur le plan politique sans parti, il n’y a pas de prise du pouvoir d’Etat (donc de révolution sociale) sans parti.

La candidature du second, à l’inverse, par le fait même qu’il n’est pas porté par un parti, peut être perçu par certains comme conduisant à l’« effacement des partis » et à l’effacement du PCF en particulier.

 

Quels critères pour se déterminer ?

 

La Coordination Communiste 59/62, engagée dès le début dans le mouvement unitaire anti-libéral né contre le projet de constitution européenne et qui poursuit cet engagement aujourd’hui sur le front électoral, tient à donner sa position à l’occasion de ce choix du candidat(e).

Cette candidature doit être choisie, selon nous, à partir des critères suivants :

Elle doit avoir une notoriété qui va au delà des cercles de réflexion et des organisations impliqués dans la victoire du NON et justifier d’un engagement militant concret ;

Elle doit être engagée dans le processus unitaire plutôt que de jouer son propre jeu ;

Elle doit garantir que la campagne électorale unitaire laissera la place à l’expression des organisations politiques et associatives qui la composent ;

Elle doit respecter le principe et la nécessité des partis et donc rejeter tout esprit ou pratique anti-parti ;

Elle ne doit pas s’inscrire dans la logique de la bipolarisation UMP/PS qui empêche l’émergence de toute alternative anti-libérale ;

Elle doit prolonger la victoire du NON comme fondement à la préservation des conquêtes du Front Populaire et du Conseil National de la Résistance, solides remparts contre le libéralisme ;

Elle doit être l’expression électorale des luttes et de la solidarité entre les « sans usines » victimes des délocalisations, les « sans logis », les « sans emploi », les « sans papiers »  et les « sans terres », etc. ;

Elle doit porter l’exigence du vivre ensemble dans l’égalité des droits, notamment par l’option du droit de vote à toutes les élections pour l’immigration, l’abrogation des lois Pasqua/Debré/Chevènement/Sarkozy et la régularisation de tous les sans papiers ;

Elle doit être l’occasion de fédérer électoralement tous les anti-mondialistes, tous les anti-libéraux, toutes les victimes des désastres sociaux, économiques, culturels et politiques du capitalisme et de l’Europe impérialiste ;

Elle doit exprimer la solidarité internationaliste avec les peuples et les Etats qui résistent à l’agression barbare de l’impérialisme à l’instar de la Palestine, de Cuba, du Venezuela, de la Bolivie,…etc. ;

Elle doit traduire nos mobilisations contre les guerres d’agression impérialiste, la re-colonisation et contre le « choc des civilisations, des religions » prétextes à l’hégémonisme et aux impérialismes prédateurs ;

Elle doit poser le débat d’une aspiration populaire à une alternative sociale, politique, économique et culturelle au capitalisme et aux politiques libérales ;

Elle doit permettre de réduire l’abstention au maximum parce qu’elle est opposée et offre une perspective différente à l’alternance droite/ « gauche » à laquelle de moins en moins d’électeurs croient.

 

Réussir le rassemblement pour gagner : le choix de José Bové

 

La Coordination Communiste 59/62 pense que le candidat qui répond le mieux à ces critères et qui permet le rassemblement le plus large – de toutes les forces militantes du camp du NON – c’est José BOVE. Nous invitons en particulier les militants du PCF à le reconnaître lucidement.

Malgré les réserves existantes concernant José Bové, nous pensons que nous devons nous déterminer en fonction de notre objectif fondamental du moment: Réussir, à l’image du rassemblement large et populaire qui a permis la victoire du NON, le rassemblement pour gagner et briser la bipolarisation UMP/PS, nouvelle arme au service des intérêts du capital. Nous le faisons en ayant en tête cette maxime fondamentale de Karl Marx : « tout pas en avant vaut mieux que 10 programmes ».

 

Leur Bové et le nôtre…

 

Nombre de militants de la LCR qui rejettent la candidature de division de Besancenot soutiennent Bové, mais simplement souvent par « anti-PCF ». Outre que cela renforce les militants du PCF dans leur soutien à MG Buffet, ces soi-disant « défenseurs » de Bové restent de plus dans la logique de la candidature de « témoignage » (niant en pratique l’importance stratégique pour la lutte de classe de la victoire du 29 mai) et sont profondément défaitistes sur la capacité de victoire portée par cette candidature, se contentant  d’espérer un « bon score ». Ils rejoignent en cela le PCF qui, lui aussi, conçoit la candidature Buffet surtout comme un moyen de pression dans le cadre de négociations futures ou en cours avec le PS.

 

Dans tous les cas : Tout candidat du camp du NON anti-libéral est notre candidat !

 

La désignation du candidat aux présidentielles devrait être dépassionnée si l’on garde bien en tête que quelque soit le/la candidat(e) retenu(e), il/elle sera notre candidat(e). A condition bien sûr qu’il s’agisse bien d’une candidature UNIQUE, et non pas d’une candidature de division, quand bien même elle s’affublerait d’une étiquette « unitaire » ou « anti-libérale ».

 

Aux militants du PCF en particulier, qui mettent en avant la question de « l’importance du PCF dans le mouvement » au lieu de regarder la question de la candidature la plus efficace au rassemblement, nous disons : au-delà des présidentielles va se poser la question de la bataille électorale des législatives, qu’il faudra préparer, là aussi, dans l’unité ; sur le plan des candidatures à ces élections-là, il est évident pour tout le monde que la force politique principale – non exclusive mais principale - sera le PCF.

L’essentiel étant toujours, tant dans l’élection présidentielle que dans les élections législatives, que le camp du NON, par des candidatures unitaires, soit présent pour frayer la voie à une véritable alternative anti-libérale, puis anti-capitaliste.

 

La Coordination Communiste, en tant qu’organisation révolutionnaire, mettra toutes ses forces pour fortifier le mouvement des masses et le faire progresser dans cette voie.

Nous appelons toutes les forces qui ont su - pour contribuer à la victoire historique du NON – soit marcher ensemble pour certaines d’entre elles, soit marcher séparément pour d’autres mais en frappant ensemble, à mesurer l’ampleur de l’enjeu et tout le sens de la responsabilité qu’impose la situation.

Unissons toutes les forces militantes, puis électorales du camp du NON pour battre l'union libérale du camp du OUI UMP/PS.

Fait à Lille le 19 novembre 2006


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